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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

10 Dec

Une ombre sur le monde

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #les exilés de l'arcange

une ombre sur le mondeMichel Zordan - extrait : À peine fut-il dans la pièce, que Marcel Montagne s’éclipsa. Rudolf Têtard, alias  la fouine se retrouva seul dans le noir. Après quelques secondes, j’activai l’interrupteur et Henri referma la porte derrière lui. L’homme fut ébloui par la lumière, mais il comprit immédiatement qu’il était tombé dans un traquenard. 

 

– Qui êtes-vous ? Que voulez vous ? Je vous préviens, j’ai de puissantes relations.   

 

– Écoute, fumier, ici tu es dans un monde à part, tu es seul et tu n’as plus de relations. Nous n’existons même pas, nous sommes juste là pour te faire rendre des comptes.

 

– Quels comptes ? Je ne comprends rien, je suis journaliste et j’ai toujours fait mon travail de journaliste. 

 

– Non, charognard, tu as toujours fait un travail de charognard, pas de journaliste.  

 

La fouine était un teigneux, depuis le temps qu’il remuait le fumier, il était habitué à sentir les mauvaises odeurs. Il faisait face, même acculé au fond de la cage, il ne se rendrait pas facilement. 

 

– Tu vas d’abord nous dire ce que tu trafiques avec Worms&Lombard. Pour quelle raison as-tu écris cet article sur les Montazini et les Montesquieu ? Vas-y, explique-nous.

 

– J’y suis, vous êtes Sylvio Montazini, le fils du fasciste, je commence…

 

La première baffe que je lui administrai ne lui laissa pas le loisir de terminer sa phrase. La deuxième lui fit comprendre que les deux hommes en face de lui ne plaisantaient pas et qu’il était cette fois mal embarqué.  

 

– Je n’ai personnellement rien contre les Montazini ou les Montesquieu. J’ai seulement été contacté par Worms&Lombard. Ils ont un petit dossier sur moi et ils m’ont proposé de publier un article pour faire pression sur vous.  Tout ce que je publiais devait avoir un fond de vérité, je devais seulement rédiger mon article de façon à faire croire aux lecteurs que vous aviez escroqué la vieille.    

 

La fouine reprit une baffe bien plus puissante que les deux premières qui l’envoya valdingué sur le sol.   

 

– Mais je ne comprends pas, je vous ai dit la vérité… 

 

– On ne dit pas la vieille, mais Edmonde de Barsac. Vas-y, relève-toi. Approche-toi de moi et répète ce que tu viens de dire en terminant la phrase correctement.

 

L’homme s’exécuta.

 

– Bon, ce n’est pas trop mal. Tu aimes écrire, alors tu vas être servi, mais cette fois tu vas écrire la vérité. Mon ami t’a apporté tout ce qu’il te faut, de l’encre, un porte-plume et du papier.  

 

– Mais je dois écrire quoi ?

 

– Seulement la vérité, toutes les plus grosses saloperies que tu as pu faire pendant la guerre. Comme nous n’avons pas trop de temps, on va se limiter à la période de la guerre. Vas-y, raconte…

 

 

– Mais, je n’ai fait que mon travail de journaliste et je n’ai rien à avouer…   

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