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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

29 Aug

rentrée littéraire 2013 - Une ombre sur le Monde

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

une ombre sur le mondeLes exilés de L'Arcange - Une Ombre sur le Monde    auteur Michel Zordan   ISBN 978-2-9532863-4-2    Disponible en librairie

La saga des Montazini, l’histoire d’un exil en France  :  Les Exilés de l’Arcange,   c’est mon histoire et celle de ma famille et c’est toujours moi qui la raconte,  enfin presque.   Avec  « une ombre sur le Monde »  c’est le cinquième volet de la saga des Montazini qui s’ouvre.  Si vous n’avez pas lu les quatre premiers titres, rassurez-vous,  tout en résumant la  situation, c’est une nouvelle narration qui commence.

 

Grâce à l’auteur, j’ai pu me glisser dans votre siècle et je dispose désormais d’une adresse email. J’aimerai bien discuter avec vous et connaître votre avis sur mon histoire, vous pouvez me joindre à cette adresse     sylvio.montazini@laposte.net      

 


Je compte sur vous.  Bien à vous,
Sylvio Montazini

Extrait : En octobre 1940, juste avant le début des vendanges, j’intégrai l’École Nationale Supérieure d'Agronomie de Montpellier. Durant quelques mois, je tentai de me focaliser sur la connaissance de la vigne, des cépages et de l’élaboration des vins. Un samedi après-midi du début du mois de décembre, je décidai de rendre visite à Amandine à Toulouse. Mon copain Basile Beaumont, fils de garagiste dans la ville rose et possédant une voiture, proposa de m’y accompagner. Cette rencontre fut le point de départ de notre idylle post-adolescente. Pas encore un amour d’adulte, mais déjà plus qu’une amourette de gamins. 

 

Souvent le soir, en fin de semaine, nous étions quelques-uns à nous réunir au Stendhal, un café du centre ville de Montpellier, pour discuter de la situation. Très régulièrement, le professeur Roger Ducastel, surnommé « Le rouge », et ses disciples, tous de fervents et inconditionnels communistes, nous rejoignaient. Nos divergences étaient très régulièrement l’occasion de débats houleux. Dès que nous commencions, les deux camps prenaient position.  

 

– Professeur Ducastel, vous nous répétez constamment que les Soviétiques sont nos amis ! Alors comment expliquez-vous  le fait qu’ils aient signé avec Hitler un pacte de non-agression ? Ils sont où en ce moment, vos copains bolchéviques ?

 

– Sylvio Montazini, en 1938 la France et l’Angleterre ont signé avec les nazis un traité à peu près similaire, regardez où cela nous a menés ! Je vous signale quand même que c’est la France qui a déclaré la guerre à l’Allemagne et…

 

– Professeur, vos camarades soviétiques n’avaient qu’une idée : se partager l’Europe avec les nazis. C’est d’ailleurs déjà en partie fait, allez demander aux Polonais, aux Finlandais et aux Lettons ce qu’ils en pensent… Mais c’est raté, vos copains bolcheviques se sont fait avoir, les nazis voulaient juste gagner un peu de temps.

 

Nous savions que ces joutes ne nous mèneraient nulle part, mais nous prenions plaisir à débattre. Malgré nos divergences, nous étions d’accord sur un point : l’indépendance et la libération rapide de la France. Seule la façon d’y parvenir nous séparait. Un autre petit groupe s’était formé, complètement à l’opposé de nos idées. Leur signe de ralliement : un foulard noir, porté autour du cou. À sa tête, Hector Puissansac, dit « le Bel Hector». Il était toujours tiré à quatre épingles, costume, cravate, petit gilet et grosse montre à gousset. Dans sa belle décapotable, avec ses cheveux noirs gominés lissés en arrière, sa fine moustache et ses chaussures blanc et noir, il avait tout l’air d’un maquereau. Ces jeunes trouvaient légitime que l’Allemagne nazie envahisse l’Europe entière et devienne un exemple pour les Français et pour tous les Européens. Au lieu d’essayer de les combattre, nous devions au contraire faire allégeance et les aider. Lorsque par pure provocation ils se mêlaient aux débats, la riposte ne se faisait pas attendre. Sans la moindre concertation, nos deux groupes s’unissaient alors pour faire front. 

 

– Alors les bolchéviques, toujours à bavasser ? Profitez en bien, ça ne durera pas. Lorsqu’Hitler en aura fini avec les juifs, on lui donnera volontiers un coup de main pour s’occuper de vous. Nous serons alors les maîtres en France. Vous serez parqués, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Pour procréer, on assemblera les meilleurs, comme avec les animaux. On créera une bonne race pour le travail, mais on vous gardera en cages. Ça nous fera de la main-d’œuvre pas chère pour relever le monde des classes supérieures. Il va de soi que tous les mauvais éléments seront éliminés,  et…

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