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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

01 Oct

Immigration : rassurons-nous, ça c'était avant...

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

 ledependant18aout1930.jpgLe 11 septembre, l’infâme Têtard frappa de nouveau en signant un article encore plus virulent et extravagant que les précédents.  Les lecteurs du journal Le Dépendant se faisaient de plus en plus nombreux. Rudolf Têtard se devait, et s’employait à les satisfaire :

 

« La Gascogne serait-elle devenue La Gascaroni ?? Pardonnez-moi ce mauvais jeu de mots mais je me dois de vous informer.


Comment cette petite région du fin fond de la France (région qui n’en est même pas une) a-t-elle pu, en quelques années, devenir la base arrière des immigrés italiens en France ? Ou plutôt : la tête de pont qui va permettre au fascisme, avec l’aide de la mafia italienne, de gangrener tout le pays. Pourquoi nos politiques ont-ils laissé cette région passer aux mains des étrangers ? Cette province, autrefois indépendante, aurait-elle, grâce à l’argent du fascisme, des desseins sécessionnistes ? On peut s’attendre à tout de ces Gascons qui, dans un siècle très lointain, avaient déjà fait allégeance aux Anglais. Heureusement, quelques citoyens sont entrés en résistance et, grâce à leur courage et à leurs courriers, nous pouvons vous informer. Que restera-t-il de cette région dans deux à trois décennies ? Que seront devenus les Clesques, les Lastruc et les Chandon ? Devrons-nous nous résoudre à donner nos filles à des Montazini, Paganini, ou encore Vavassorri ??


Arrivés en février 1930, les Montazini avaient, trois mois plus tard à peine, déjà acquis la ferme de L’Arcange avec ses 17 hectares de vignes à armagnac. Comment, et grâce à quelles manœuvres et appuis que l’on peut d’ores et déjà qualifier de douteux , ces immigrés, au passé plus que suspect, ont-ils pu, en à peine quelques semaines, réunir l’importante somme d’argent qui leur a permis d’acheter un fleuron de l’armagnac en Ténarèze ? Mais comment le capitaine Aristide Clément Autun, aujourd’hui commandant dans notre prodigieuse et glorieuse armée, a-t-il pu se résoudre à céder à des étrangers ce petit bout de terre de France ?

 

N’est-il pas antipatriotique, de la part d’un homme auquel la France a permis de s’élever dans notre société, de préférer un acquéreur immigré aventureux plutôt qu’un bon Français ?

 

Il faut quand même savoir que le commandant Clément Autun a de qui tenir puisqu’il a hérité de son oncle Isidore Clément. Ce dernier, qui avait acquis sa fortune de façon opportuniste et sûrement quelque peu frauduleuse, grâce au commerce avec nos colonies, n’hésitait pas à s’afficher et à s’encanailler avec des femmes de petite vertu. Ces dernières sont d’ailleurs parvenues à le faire trépasser et ont bien failli venir à bout de l’énorme butin qu’il avait réuni.


Parce que nous dépendons des bons Français, les bons Français méritent de savoir.
 

Rudolf Têtard, journaliste au Dépendant de Paris » 

 

L'insolence du sort, dans la série, Les Exilés de L'Arcange - Auteur : Michel ZORDAN - Editions 3Z- 374 pages- ISBN 978-2-9532863-1-1 

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