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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

04 Aug

Le mouvement fasciste « Fasci di combattimento »

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

PICT0902Les Raisons de l'Exil - Série les Exilés de l'Arcange - Auteur Michel Zordan - ISBN 978-2-9532863-0-4  - En savois plus sur www.unauteur.com 

 

Depuis quelques jours, le chef Yvan Laterre se demandait s’il ne faisait pas fausse route en recherchant le coupable parmi les habitants de Floréal. Émilio et sa famille étaient arrivés dans la commune en février 1930. Au début du mois d’août, soit six mois seulement après leur arrivée, ils emménageaient dans la ferme qu’ils avaient achetée. Le 18 août, ils étaient victimes d’un incendie volontaire qui avait détruit toutes leurs vignes.

Le mercredi 1er octobre, Sylvio, le fils, était volontairement enfermé dans une cuve. Entre-temps, un soi-disant chasseur imprudent avait fait feu en direction d’Émilio dans le bois de Lian. Cela faisait beaucoup pour quelques mois de présence en France. Il fallait peut-être rechercher les causes de ces incidents à répétition dans le passé de la famille Montazini. Tout d’abord, pour quelles raisons avaient-ils quitté l’Italie ?

L’argent avec lequel ils avaient acheté L’Arcange venait-il réellement de la vente d’une maison familiale ? Émilio ne parlait jamais de sa femme, pas plus que des circonstances de son décès. Il y avait en plus cette grosse Fiat noire, avec trois personnes à bord, aperçue par Émilio et son fils. Elle était immatriculée en Italie. Elle avait stoppé, puis était repartie. Des touristes italiens ? Pourquoi pas, mais peut-être aussi des individus malintentionnés qui recherchaient la famille Montazini. Le lendemain, Émilio avait essuyé des coups de fusil dans le bois de Lian alors qu’il cherchait des champignons avec son fils. Or, quelques minutes auparavant, Sylvio avait aperçu une voiture noire qui descendait la côte dans leur direction. Coïncidence ? Peut-être pas.

Et seulement quelques jours après, le jeune garçon était enfermé dans la cuve. Nouvelle coïncidence ?

En 1930, il se passait des choses graves en Italie. Avec la montée en puissance du mouvement fasciste « Fasci di combattimento », les Faisceaux de combat, créé par Benito Mussolini au pouvoir depuis 1922, obtenir des informations ne serait pas une tâche aisée. Dès 1925, Mussolini avait profité des pleins pouvoirs pour faire voter un éventail de lois qui supprimaient un grand nombre de libertés dans le pays. Entre autres, la confiscation des papiers dans certaines communes, l’annulation des passeports et le contrôle de la presse. Le délit d'opinion était, en outre, considéré comme un crime grave. L’embrigadement des jeunes dès sept ou huit ans était systématique. Enfin, dernier point très important, l’émigration avait été stoppée.
Comment Émilio Montazini s’y était-il alors pris pour quitter l’Italie, avec ses deux enfants et une somme d’argent qui lui avait permis d’acheter une ferme ?

Yvan Laterre pouvait toujours commencer par enquêter sur la venue d’éventuels étrangers dans la région. Il y avait d’abord tous les ouvriers du château qui venaient pour la plupart d’Espagne. Certains étaient là presque en permanence. D’autres arrivaient dès le début du mois d’août pour effectuer les derniers travaux dans les vignes et pour la révision du matériel au chai. Mais le plus grand nombre arrivaient pour les vendanges. En principe, c’étaient toujours les mêmes personnes qui revenaient d’une année sur l’autre, et il serait facile d’identifier un nouveau venu. Il appela le château sur-le-champ pour parler au régisseur Théodore Chandon. Sous un prétexte quelconque, il demanda au régisseur de lui amener tous les papiers d’identité des ouvriers qu’il employait au château. Il demanda également de dresser une liste avec le nom des personnes qui étaient employées au château pour la première fois.

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