Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

26 May

Mon seul libraire à Moissac, c'est la Librairie Bouvard...

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

moissac.jpgMa  librairie à Moissac -  Les exilés de l'Arcange - Volet 3 : les prémices, vient de sortir...Pour le trouver une seule adresse la Librairie Bouvard 19, rue Sainte Catherine 82200 - Moissac   Tél 05 63 04 05 22

N'y allez pas juste pour mon livre :   Moissac est une ville à découvrir, ça vaut le détour...suivre le lien>>>

 

 

les prémices-copie-1www.unauteur.com pour en savoir plus... Auteur : Michel ZORDAN - ISBN 978-2-9532863-2-8

 

 Extrait chapitre 1 - C’était toujours lorsque l’on ne s’y attendait pas qu’il faisait son apparition. Juché sur sa Motobécane, toujours aussi sec, sa chevelure rousse en nid de poule débordant de son béret basque, sa tonsure en œuf d’autruche, il arriva devant l’atelier. Vêtu d’une soutane cent fois rapiécée, sans chaussettes, avec ses chevilles maigres plantées dans ses vieux godillots et ses yeux légèrement globuleux, il avait tout l’air d’un criquet. 

 

Le père Grégorio avait, l’année passée, remplacé le père Beaulieu. L’affaire s’était faite en un temps record. En un temps tout aussi record, notre nouveau curé s’était taillé une réputation épouvantable. Ses sermons étaient pour la plupart très excessifs, très rarement pertinents, et le nombre de ses fidèles avait, en quelques mois, fondu comme neige au soleil. Le curé de Villeneuve-de-Floréal, village voisin, le père Cantillon, les avait accueillis et certains jours de messe, son église était même trop petite. Avec quelques autres garçons et filles de mon âge, il nous accueillait également pour le catéchisme, deux fois la semaine. Le père Grégorio était intervenu à l’archevêché, mais curieusement, l’évêque laissait faire.

 

Le prêtre entra sans hésitation et « cracha » son discours sans même nous saluer.

 

– Émilio Montazini, je sais que vivre dans le péché ne vous gêne guère. J’ai eu ouï-dire de certaines rumeurs, faisant état des relations particulières que vous entretenez avec une certaine fille perdue de la paroisse. C’est déplorable et indigne d’un bon catholique ; une fois de plus, vous provoquez sans vergogne le Tout-Puissant. Mais ce que vous faites en ce moment est encore bien plus grave. Vous bafouez le Seigneur, Montazini, mais méfiez-vous, vous avez déjà reçu nombre d’avertissements ! L’Éternel est miséricordieux, mais sa patience a des limites.

 

À son arrivée, en août de l’année dernière, les homélies du père Grégorio avaient de quoi nous surprendre, mais avec le temps, on s’y était presque habitués. Par contre, pour les deux mécaniciens, Léon Laporte et Lucien Duteil, c’était une première. Clés en l’air, ils regardaient, hébétés, le prêtre cracher ses sermons, avec stupéfaction.

 

Papa ne se laissa pas prendre au jeu, et répliqua sans modération.

 

– En ce qui concerne les rumeurs, l’abbé, ce sont les gens comme vous qui, à force de les propager, en font des vérités. Mais qu’ai-je donc fait d’autre, qui puisse à ce point irriter votre grand patron ?

 

– Insulter le Seigneur n’arrangera pas votre cas, Montazini, vous savez parfaitement de quoi je veux parler. Ce monstre roulant que vous êtes en train de fabriquer, il va semer haine et désolation dans toutes les campagnes de France. Si ces machines se généralisent, il n’y aura plus de travail pour tous les paysans… Le travail est un don du ciel, et vous ne pouvez pas y toucher…

 

J’avais l’impression que le père Grégorio cherchait constamment un prétexte pour sermonner son prochain. Peut-être était-ce sa façon à lui de prétendre à une certaine supériorité. En parlant de fille perdue, le curé avait sans doute voulu parler de Pierrette Gourdes,  la fille de la buraliste de Floréal. Pour ma part, je trouvais  Pierrette très jolie et très gentille. Elle vivait pas à Floréal de façon régulière, mais ça ne voulait pas dire que le reste du temps elle était perdue. Chaque fois que je passais la voir, elle me donnait des sucettes. C’était peut-être ça que le père Grégorio appelait des relations particulières. Je ne voyais absolument pas ce qu’il y avait de mal dans tout ça.

 

Papa répliqua aussitôt.

Commenter cet article

Archives

À propos

Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.