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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

07 Jan

Les raisons de l'exil

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Édition ; culture ; littérature ; livre ; lecture ; écrivain ; critiques ; roman ; salon du livre ; Michel Zordan ; romans de terroir ; libraires ; librairie ; écriture ; prix littéraires

les raisons de l'exil-réédition-copie-1Auteur Michel Zordan - Extrait : Papa avait eu raison de choisir la Gascogne. Je m’imaginais avoir atteint un monde préservé, un monde sécurisé où les jours ne pouvaient que s’écouler heureux. J’avais l’impression qu’ici les tourments ne pouvaient plus nous atteindre,  j’étais persuadé que nous étions en totale sécurité. Je savais que du ciel,  maman nous regardait, et je savais qu’elle était heureuse de nous savoir là. L’émotion me submergea, mes yeux s’embuèrent,  je me tournais espérant que Mariéta ne me surprenne pas, et que le vent les séche. Moins de 10 secondes plus tard, je sentis les bras de ma sœur autour de moi, elle me serra très fort.

 

–  Toi aussi tu penses à maman, je suis certaine qu’elle nous voit, et qu’elle nous sourit.  Oui j’en suis certaine, elle veille sur nous comme un ange, maintenant tout ira bien, j’en suis certaine.  Ici tout ira bien, nous penseront à elle et elle veillera sur nous pour toujours.

 

Le régisseur nous emmena directement au château. 

 

À peine arrivés il nous conduisit à notre petit logement,  deux pièces en tout et pour tout. Pour le moment, nous devions nous en satisfaire. Toujours aussi distant, Théodore Chandon fit comprendre à papa que le travail commencerait dès le lendemain et qu’il devait se présenter devant le chai à sept heures trente. En plus de l’accueil qui n’avait pas été très cordial, et même plutôt glacial, aucune flamme n’avait réchauffé cette maison depuis bien longtemps. L’humidité ressortait d’un peu partout. Papa lui désigna du doigt l’âtre et fit signe qu’il faisait très froid. Le régisseur ouvrit la porte et pointa du doigt un tas de bois. Ensuite, il prit congé, en laissant notre famille un peu désemparée. Le régisseur n’avait pas passé plus de cinq minutes avec nous. La cuisine n’était meublée que d’une grande table, de quatre chaises, de quelques étagères au mur et d’une cuisinière très fatiguée. Dans la seconde pièce trônaient un grand lit et une vieille armoire. Papa entreprit d’allumer le feu, moi, je l’aidai. Pendant ce temps, Mariéta rangea les quelques vêtements qui nous avaient accompagnés. La cheminée crépita enfin dans la cuisine, petit à petit, l’atmosphère se réchauffa. Il était midi et demi, et la faim commençait à tenailler nos estomacs. Dans nos bagages, nous avions apporté assez de nourriture pour nous restaurer durant au moins quatre jours. Il ne restait plus grand-chose, mais cela suffirait. Papa trancha le reste de saucisson, puis la coppa, des rondelles bien fines, légèrement de biais, comme il savait si bien le faire. C’était bon de se retrouver dans notre nouvelle maison. Il trancha également  le pain acheté en route, il sentait bon, et les tranches étaient énormes. Il y avait même de gros trous dans la mie.  Nous n’avions pas l’impression de manger du pain, tant il était délicieux.

Vers deux heures et demie de l’après-midi, un « toc toc toc » discret se fit entendre à la porte d’entrée. Papa alla ouvrir, un homme d’une trentaine d’années, habillé en militaire, se tenait dans l’encadrement. Il tendit la main tout en se présentant.

 


– Capitaine Aristide Clément Autun.

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