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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

12 Aug

Les prémices - Journal Le Dépendant De Paris

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

ledependant4mars1931.jpgLes Prémices - série les exilés de L'Arcange - Auteur Michel ZORDAN   -   ISBN 978-2-9532863-2-8   En savoir plus sur www.unauteur.com

 

Extrait : L’article était dans la lignée de ceux précédemment écrits par l’infâme Têtard : « Ces dernières années, nous n’avons cessé de dénoncer le laxisme affligeant dont font preuve nos dirigeants vis-à-vis des immigrés. Ces parasites, souvent peu recommandables, qu’ils nous ont obligés et nous obligent toujours à accueillir, sous de fallacieux prétextes, dans notre pays, sont pour la plupart de dangereux criminels. À plusieurs reprises, nous avons essayé d’ouvrir les yeux de nos responsables politiques sur les agissements plus que suspects de la famille Montazini et plus particulièrement sur ceux du chef de famille, Émilio Montazini. Enfin nous avons trouvé, parmi les rangs de nos glorieux soldats, un homme à la hauteur de l’événement. Hier matin, devant la ferme de L’Arcange, grâce à un sang-froid hors du commun, le commandant Estrada a su éviter un bain de sang. Émilio Montazini, transfuge du mouvement fasciste italien, réfugié en France grâce à la complicité de certains hommes politiques gascons, a réussi, au mépris de nos lois, à fomenter un soulèvement contre nos valeureux gendarmes, garants de l’ordre et de l’indépendance républicaine. Cet homme sans foi ni loi a réussi à regrouper autour de lui de pauvres gueux, ignorants et incapables de faire la différence entre le bien et le mal. Cet homme fourbe, manipulateur et maniganceur, mais toutefois très rusé, a très bien structuré son réseau. Il s’est également entouré de chefs, traîtres envers notre patrie. Dans les rangs des insurgés, nous avons pu reconnaître le comte Philibert De Ponthieu, ancien et peu glorieux militaire, qui a vu là le moyen de se venger de sa frustration, après sa mise en retraite anticipée. Nous avons également reconnu une autre figure bien connue du barreau parisien, maître Albert Dayan. Cet homme, juif et immigré russe de surcroît, s’est fixé pour but de défendre la crapule par tous les moyens. Ayant perdu un peu d’aura dans la capitale, il s’est rabattu sur les malandrins et malfaiteurs de seconde zone. »

L’article relatait également l’arrestation de papa : « Grâce à son extraordinaire clairvoyance, le commandant Estrada a très vite compris que l’immigré italien avait des comptes à rendre à la justice française. Le 25 octobre au matin, il s’est rendu à son domicile pour essayer de parlementer avec lui, mais Émilio Montazini, sûrement informé par des complices infiltrés au sein même de notre gendarmerie, a reçu nos représentants de l’ordre avec son fusil. Grâce au sang-froid et à l’expérience du commandant Estrada, le malfaiteur a pu être maîtrisé, mais non sans peine, celui-ci blessant, heureusement superficiellement, plusieurs gendarmes. Le forcené a alors été conduit à Auch pour un simple interrogatoire. Alors qu’il patientait dans le couloir, l’un des gendarmes chargés de sa protection commit une erreur qui aurait pu s’avérer dramatique : celle de lui ôter les menottes. Émilio Montazini s’est alors saisi de l’arme de service du gendarme pour menacer les représentants de l’ordre, prêt à faire feu. Heureusement, l’intervention rapide et appropriée du commandant Estrada a permis la mise sous contrôle du malfaiteur, qui a été immédiatement conduit en cellule. Lors de sa détention, ce fou furieux s’est frappé avec une violence extrême la tête contre les murs à tel point que son état a nécessité l’intervention des services de soins de l’hôpital Pasteur-Saint-Augustin d’Auch. Avant même que les infirmiers aient pu intervenir, les complices de l’immigré, informés on ne sait trop comment, ont investi la caserne de gendarmerie et ont tenté de le faire évader. Encore une fois, la réaction vive du commandant Estrada et de l’adjudant Horace Tricard a permis de mettre en échec cette tentative. Un autre très important problème se pose dans ce petit pays de Gascogne : la progéniture de ces bons à rien. Il va de soi que le comportement de ces hommes représente un très mauvais exemple pour leurs enfants, qui ne tardent pas à prendre à leur tour le mauvais chemin. Demain, je vous narrerai l’histoire de Sylvio Montazini, fils du forcené, Émilio Montazini, qui n’a pas hésité à empoisonner le fils d’un notable de la bourgade de Condom en l’appâtant avec des gâteaux bourrés de poison. Je dois également préciser que ces gâteaux empoisonnés avaient été concoctés par une complice, fausse veuve de la Grande Guerre.

Parce que nous dépendons des bons Français, les bons Français méritent de savoir. Rudolf Têtard, journaliste au Dépendant. »

Le juge Damien Chrétien, qui avait déjà lu comme moi ses articles, s’était peu à peu habitué aux insanités déversées par « la fouine ». Par contre, pour le comte Philibert De Ponthieu, c’était une première et il perdit un peu de sa réserve et de son flegme qui seyaient si bien à sa personne.

– Mais c’est quoi ce morpion ? Je vais lui casser sa petite gueule de pourri ! C’est moi seul qui ai décidé de mettre un terme à ma carrière. Il sort d’où ce gnome ? Je vais lui faire regretter d’être né, moi. Comment pouvez-vous accepter d’être traînés dans la boue par ce moins que rien ?
J’essayai de le rassurer.

– Monsieur le comte, ce triste individu est venu à plusieurs reprises à Floréal pour répandre son venin, et à chaque fois, il est reparti plus vite qu’il n’était arrivé.

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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.