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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

09 Jan

Les prémices

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Édition ; culture ; littérature ; livre ; lecture ; écrivain ; critiques ; roman ; salon du livre ; Michel Zordan ; romans de terroir ; libraires ; librairie ; écriture ; prix littéraires

couverture-tome3.jpgAuteur Michel Zordan - extrait : Arrivé sur le perron, Albert Dayan frappa à la porte ; personne ne répondit. Il frappa une seconde fois sans plus de résultat. Il essaya de tourner la poignée, mais la porte était fermée à clé. Malgré les supplications de Mariéta, je ne résistai pas ; j’ouvris la portière de la Mercedes et me précipitai sur le perron.  

 

– Madame Cahuzac, s’il vous plaît, ouvrez-nous ! Allez, s’il vous plaît. Ne faites pas ça, vous n’y êtes pour rien. Le fouinard écrit n’importe quoi, personne ne pourra croire ses mensonges. S’il vous plaît, ouvrez maintenant !   

 

– Sylvio, il faut agir vite, il est peut-être déjà trop tard. Laisse la place à Lucien, il va essayer d’enfoncer la porte. 

 

Le chauffeur prit un peu d’élan, mais sur le perron, la place manquait. Il y alla à plusieurs reprises, malheureusement, l’épaisse porte en chêne résistait bien. 

 

– Attendez, dans le coffre je dois avoir des démonte-pneus, je pense qu’avec ça, je vais y parvenir. 

 

Après pas mal d’efforts, la porte céda enfin. Même Mariéta était venue sur le perron.

 

– Les enfants, s’il vous plaît, veuillez rester à l’extérieur. Le spectacle que nous allons découvrir est peut-être terrible. 

 

Avant même qu’ils ne franchissent la porte, une voix les interpella.

 

– De quel spectacle parlez-vous, monsieur l’avocat ? Sachez que je ne quitte jamais ma maison sans mettre de l’ordre. 

 

Je reconnus tout de suite cette voix ; je me retournai pour constater que Ghislaine Cahuzac était en excellente forme. Je me précipitai dans l’escalier, faillis me rompre le cou, mais parvins sans trop de casse dans ses bras.

 

– Madame Cahuzac, on a cru… Enfin, on a pensé que vous pouviez faire une bêtise.

 

– Mais qu’est-ce qui a pu vous laisser croire que… ?

 

– Les derniers mots que vous avez prononcés, enfin vous savez quoi. 

 

– Vous avez eu peur pour moi et vous êtes revenus ? 

 

– Oui, on a eu très peur et on est revenus, et comme vous ne répondiez pas, on a cassé la porte. 

 

– Je ne pouvais pas répondre et pour cause, je n’étais pas là. J’étais tout simplement allée rendre une visite à l’autre mécréant de Valirse. Je pensais que c’était lui qui avait tout déballé à l’autre charognard. Il m’a affirmé que non, pour lui, m’a-t-il dit, cette affaire est définitivement réglée et il ne veut plus en entendre parler. Il va même inscrire son couillon de fils dans un collège de jésuites, près d’Angoulême. On s’est quittés sur une poignée de mains. On n’est pas devenus des amis pour ça, mais il faut savoir à un moment faire la paix. 

 

 

Tout penaud, Albert Dayan descendit les marches. 

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