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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

25 Dec

les grands tourments

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

les grands tourments-copie-1Auteur Michel Zordan - Extrait : En deux à trois petites minutes, je parvins tout en haut. Deux des fruits étaient déjà attaqués par les oiseaux. Je décrochai et commençai à envoyer les autres à Amandine.

 

– Eh, fais doucement, tu as failli m’assommer !

À cet instant Victor arriva en alerte près d’elle.

 

– Sylvio, descends vite, quelqu’un arrive par le chemin.

 

En moins de trente secondes j’étais sur terre.

 

– Vite, tous derrière la haie !

 

Une minute plus tard à peine, un homme se dissimulant presque arriva et se dirigea vers la ferme du Tachou. Marchant à côté de son vélo, le tenant d’une main par le guidon, le bonhomme disparut rapidement derrière le premier virage. 

 

– Je le reconnais, c’est Hippolyte Marsac, le chauffeur de car, iI habite après Villeneuve. Mais il fait quoi ici ?  Il n’a rien à y faire ! Et s’il veut aller au Tachou pourquoi n’a-t-il pas pris la route ? C’est bien plus court pour lui, c’est louche ça !

 

– Tu as raison, c’est très louche, on dirait même qu’il se cache, on pourrait le suivre à distance.

 

Après trois cent mètres, la situation devint limpide. De notre cachette, nous pouvions observer Hippolyte Marsac en grande « conversation » avec Mathilde, la fille des Lastruc. Très rapidement, nous saisîmes le motif de leur rendez-vous.

 

 

Sur le chemin du retour, nous nous interrogeâmes : fallait-il garder le secret sur ce que nous venions de découvrir ? Nous n’étions pas en bons termes avec les Lastruc. Cette famille nous détestait pour de multiples et mauvaises raisons et après tout, cette affaire ne nous regardait pas. C’était l’heure du goûter. Depuis que nous habitions L’Arcange, tous les jeudis et dès le premier jour des grandes vacances, la collation chez Antoinette Rosannés était devenue un rite immuable. Ma blondinette remplaçait maintenant Mariéta. Notre amie de la ferme des Bîmes arrêtait son travail juste pour nous.

 

– Bonjour les enfants, j’espère que vous ne vous êtes pas gavés de poires ! Aujourd’hui, vous allez goûter ma confiture de mûres, vous m’en direz des nouvelles !

 

Antoinette s’occupa d’abord de Victor et de Patou, leur donnant deux quignons qui trempaient dans un reste de soupe.

 

 

Puis elle saisi le pain de cinq livres, en coupa deux grosses tranches. D’abord une généreuse couche de beurre maison, doublée d’une bonne épaisseur de confiture de mûre, agrémentée de quelques cerneaux de noix.  Ensuite notre amie s’asseyait et prenait un immense plaisir à nous regarder manger. Nous ne pouvions quitter la table qu’après avoir terminé nos tartines  et avalé un verre de lait.

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