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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

20 Jun

L'Aquitania, pays volé par l'histoire...

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

le pays d'aquitania page1

Le pays d'Aquitania ... Extrait : J’hésitai,  mais Gaillard avait raison, je devais quitter la bataille et regagner sans tarder les remparts de Gensac.  Je  repartis, mais seulement  avec Mère et Adelphe.  Cachés derrière une grosse haie d’aubépine, nos destriers nous attendaient à trois ou quatre cent pas. À plusieurs reprises nous nous retrouvâmes nez à nez avec  des soldats anglais s’enfuyant du camp. Puis une flèche tirée par une arbalète, se ficha dans le bras gauche d’Adelphe. Il la brisa aussitôt après avoir coupé en deux le malheureux qui l’avait expédié.  Arrivés en vue de nos montures, un petit bruit insignifiant nous fit retourner. Un gros nuage cachait la lumière de la lune, et nous aperçûmes deux yeux brillants dans la nuit. La louve était là, s’approchant très près.   

 

– Mère, Adelphe regardez, c’est la louve ! Mon amie la louve qui m’a avertit de l’attaque des anglais.

 

Durant un court instant elle me fixa. Et je compris immédiatement qu’elle souhaitait nous conduire par un chemin sûr jusqu’au château.  Nous y étions, la belle se retourna et disparue à l’orée du bois. 

 

  Au revoir mon amie la louve, nous nous reverrons j’en  suis certain.

 

Mère nous expliqua comment, alors que le feu menaçait, des hommes en armes, les avaient enlevés. Les transportant pendues à une corde derrière les remparts.  La mort de Jeannette la laissait meurtrie. C’est un moine, le frère Herlvin qui proposa de se charger de la blessure d’Adelphe.  L’homme plus large encore que le géant forgeron, était un peu moins grand que lui.

 

  Mon frère, je vais être obligé de taillader dans les chairs pour retirer le tranchant de la flèche. J’espère que tu n’es pas un chouineux. Les grands costauds sont souvent des pleureuses invétérées, toujours promptes à appeler leur mère. Comment t’ai tu fais ça ? En rangeant les flèches dans ton petit carquois, tu as glissé et l’une d’elle s’est fichée dans ton petit bras. Je suis…

 

  Dis-donc, gros sac  de bure ce sont les hosties et le vin de messe qui te ramollissent le cerveau. Moi je suis un guerrier, pas un sous-prête, confesseur de nones. J’ai ouï-dire, que c’était votre principale occupation la confesse les nones !  Ça doit-être passionnant d’écouter ces âmes pures dévoiler leurs petits émois charnels. Pendant que toi, tu te cachais derrière le Tout-Puissant, moi je lui envoyai des âmes plus très fraîches. Passe cette lame à la flamme, et fait ton travail.  Et surtout ne tourne pas de l’œil. Je ne voudrais perdre un bras à cause d’une âme trop sensible, on a perdu des guerres pour moins que ça.

 

Adelphe grimaça juste un peu.  Puis le frère Herlvin saupoudra la plaie avec une poudre magique foncée, presque noire. Sans économiser.  Il se saisit ensuite d’une bougie qu’il approcha très près. Sur l’instant une flamme jaillie, faisant sursauter le géant forgeron, lui soutirant une grimace bien plus prononcé que la première. Immédiatement une odeur de pourceau brulé envahit l’espace.

 

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