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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

24 Sep

Rentrée littéraire 2012 : la princesse de bronze 7

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #la princesse de bronze

Roman : la princesse de bronze - Auteur Michel ZORDAN
la princesse de bronze-1
Extrait Chapitre 2 -
J’étais à la fois rassurer, mais également très intrigué par l’attitude et les propos du docteur Florest.  Comment cet homme pouvait-il en savoir autant sur Aztésia et sur les propos qu’elle m’avait  tenu au « New York – New York. »  Mes collègues  Durand et  Sonnerat  n’étant pas encore là pour me reconduire, je décidai de rentrer à pied.  Et puis une idée me vint,  l’hôpital dans lequel les secouristes  amenaient leurs blessés n’était qu’à quelques centaines de mètres.  Je pourrai passer prendre des nouvelles de la victime, madame Seigneur et sûrement obtenir quelques  informations. 

 

  Madame Seigneur  a bien été admise ici  avant-hier.  Elle a subit des examens,  mais son état était satisfaisant et elle a déjà regagné son domicile.

 

– Serait-il possible d’avoir son adresse, j’aimerai prendre de ses nouvelles ?

 

– C’est tout à fait impossible monsieur, nous ne pouvons  en aucun cas communiquer  l’adresse d’un patient.

 

– Écoutez madame je comprends très bien votre réaction,  mais il se trouve que c’est moi qui l’ai sortit des flammes, je suis pompier.  Je souhaiterai simplement la rencontrer pour lui dire quelques mots de réconfort.  Elle a du être très choqué, je pense que ma visite lui fera le plus grand bien. 

 

– Bon dans ce cas c’est différent,  ne bouger pas d’ici,  je vais  voir le chef de service, lui seul peut donner cet accord. 

 

  Pouvez-vous me présenter votre carte professionnelle ?

Je notai l’adresse : madame Estelle Seigneur,  17 rue du Général de gaulle à Clichy.  Je sautais ensuite dans un taxi et me retrouvai bien vite devant le domicile des Seigneur.  À l’instant où j’allai sonner,  le portail commença à s’ouvrir. Sans trop en savoir la raison je fis mine de s’intéresser à autre chose. Une Mercedes S600 aux vitres tintées sortit et s’engagea sur la chaussée.  Une question me vint subitement à l’esprit : que faisait madame Estelle Seigneur,  nue au 4° étage de  l’immeuble en feu, alors que son domicile se trouvait à Clichy ?  Elle était tout simplement chez son amant.  Je devais donc prendre certaines précautions.  La voiture qui venait de sortir et dont je n’avais pu voir les occupants,   appartenait certainement au mari, monsieur Seigneur.  Après tout le moment était peut-être bien choisi, et  j’appuyai  sans plus réfléchir sur la sonnette.  Après deux à trois tentatives, j’entendis une voix dans l’interphone.

 

  Oui,  que voulez-vous ?

 

  Je souhaiterai avoir entretien avec madame Estelle Seigneur,  nous nous sommes rencontré avant-hier matin.  Je m’appelle Raphaël  Lemer,  je suis pompier. 

 

  Oui effectivement je me souviens, mais il n’est difficile de vous voir en ce moment. 

 

– Madame Seigneur  c’est très important, je tiens d’abord à vous dire que votre vie privée ne me regarde en rien.  Je souhaitais vous entretenir d’un autre sujet qui me tient beaucoup à cœur,  ne vous inquiétez pas,  tout restera entre nous.

 

Très belle,  Estelle Seigneur  devait avoir entre 35 et 40 ans. Son visage était encore marqué par le drame qu’elle venait de subir. Elle m’invita  à entrer et me fit asseoir dans un petit salon.

 

– Monsieur Lemer je ne vous remercierais jamais assez pour m’avoir sauvé la vie.  Toutefois je pense que vous avez compris que je ne souhaitais pas ébruiter le fait de ma présence sur les lieux de l’incendie.  Au moment du drame mon mari était à Londres depuis 3 jours. Je ne l’ai avisé que ce matin de mon hospitalisation.  Je lui ai simplement dis que j’avais été victime d’un  banal accident de la circulation. Il vient de repartir pour NY sans se poser plus de question, c’est lui qui sortait lorsque vous êtes arrivé.   Ce  que j’ai vécu est horrible,  Gaétan est mort brûlé vif devant moi, jamais je ne pourrais oublier.

 

– Madame Seigneur, je comprends parfaitement ce que vous  pouvez ressentir.  Mis à part Gaétan et vous,   y avait-il une autre personne dans l’appartement ?  La police a déjà dû déjà vous poser la question mais votre réponse est très importante pour moi.  

 

Estelle Seigneur  ne fût pas surprise par ma question. Elle avait répondu non à la police, mais maintenant elle n’était plus aussi sûre d’elle.  Le feu avait pris assez mystérieusement  au tapis sur lequel ils étaient allongés, sûrement une brindille provenant du feu de cheminée.  Pourtant l’âtre était équipé d’un pare flamme.   Elle s’était relevé et rapidement  éloigné, mais à sa grande stupeur Gaétan restait lui allongé dessus. Au début  les flammes ne paraissaient pas très importantes,  mais Gaétan semblait retenu à terre par une force mystérieuse.  Il n’avait même pas lutté, ou manifesté sa peur d’une quelconque manière. Et elle n’avait pas crié pour lui demander de se lever  et de la rejoindre. Les flammes s’étaient allongées et l’avaient rapidement submergé et il était mort sous ses yeux.  Durant de longues minutes le feu poursuivait son œuvre de destruction.   Elle s’était réfugiée dans un coin, exactement à l’endroit où je l’avais retrouvé, elle ne pouvait pas expliquer comment et pourquoi le feu l’avait épargné.  Elle avait entendu la sirène des pompiers et c’était un peu après qu’il lui avait semblé entendre des pas. Un homme était venu, avait prononcé quelques mots  et était repartit.  Quelques minutes plus tard, elle avait de nouveau entendu des pas et elle m’avait vu moi, Raphaël. 

 

  Madame Seigneur, cet homme vous rappelez vous de ses  paroles, parlait-il à une autre victime ?  Avez-vous vu dans l’appartement à ce moment là une autre femme nue comme vous ? 

 

 – Il y avait beaucoup de fumée,  mais comme les flammes,  elle ne semblait pas pouvoir m’atteindre. Non monsieur, Je n’ai pas vu d’autre femme. 

 

– Encore une question ensuite je vous laisserais en paix.  Sur la cheminée y avait-il une petite statuette de bronze ?  Cette question vous paraît sûrement surprenante, mais tout est surprenant dans cette affaire.

 

– Oui bien sûr,  il y avait une statuette Aztèque, la princesse de bronze que je lui avais moi-même offert.  À un moment j’ai même cru qu’elle nous regardait,  mais je pense que c’était l’effet du  Champagne…..

 

– Madame Seigneur je vous en prie, qu’est-ce qui vous a donné cette impression, a-t-elle seulement bougé,  ou a-t-elle changé de couleur ?

 

– Oui c’était un peu cela, pour tout vous dire j’avais l’impression qu’elle était en vie et qu’elle semblait très en colère…..   Je l’ai  même  dit à Gaétan. Il s’est levé,  l’a prise dans ses mains, à caresser ses formes, l’a reposé à sa place  et il est ensuite  revenue sur le tapis.  Nous nous sommes endormis presque tout de suite et puis l’horreur nous a réveillés. 

 

– Merci madame Seigneur,   vous m’avez été d’un grand secours.  Vous n’êtes pas obligé de raconter tout cela à d’autres personnes, elles ne comprendraient sûrement pas.  Conservez la première version, pour les autres terriens c’est la bonne. Je peux vous assurer que je ne parlerais jamais de votre présence dans l’immeuble. Je vous laisse mon numéro de téléphone, si vous avez besoin de parler,  n’hésiter surtout pas.  Merci encore….

 

Je repartais maintenant sur les lieux du drame, je souhaitais retourner dans l’appartement et vérifier certains détails.  La façade n’avait pas vraiment souffert de l’incendie,  quelques plaques noirâtres sous les fenêtres, sans plus.  Je montais rapidement les escaliers et me retrouvai devant la porte du 4°.  La police avait installée des scellés.   Je les retirai sans hésitation et poussai la porte renforcée d’un panneau d’agglo que j’avais moi-même  fracturé deux jours auparavant.  Je me  dirigeai directement vers la cheminée.  La statuette de bronze n’était plus là,  mais il y avait d’autres objets  de valeur.  Ce qui me laissa penser que celle-ci n’avait sûrement pas été dérobée.  J’examinai les lieux, la pièce avait subie l’assaut terrifiant des flammes. Seule la partie ou j’avais retrouvé Estelle Seigneur semblait avoir été mystérieusement épargné.  J’avais arraché une moitié de rideau pour envelopper la victime, l’autre était toujours là,  pratiquement intacte.   Je décidai de joindre Durand et  Sonnerat,  peut-être m’attendaient-ils encore devant  le cabinet du Le docteur Florest.  Puis je rentrai retrouver Aztésia.

 

 

– Tu es déjà là,  ton travail ne t’occupe donc pas toute la journée ?

 

– Mon chef m’a envoyé consulter un médecin, c’est la procédure en pareil cas.  Demain je retournerais à mon poste,  nous avons donc toute l’après midi pour nous. 

 

Aztésia avait soigneusement rangé tout l’appartement,  le lit était fait, la vaisselle lavée.

 

  Dis-moi, tu es une véritable petite  femme d’intérieur, dans ton monde on apprenait aux princesses à s’occuper du ménage ?

 

– Mais c’est normal,  tu m’as choisi et je dois être à la hauteur.  Regardes nous avons reçu un email de Pascal Thierry,  il nous indique l’adresse pour la party de samedi. Si tu penses que nous pouvons y aller,  c’est bien. Mais si tu préfères que nous passions la soirée ensemble je n’y vois aucun inconvénient. 

 

Je lisais le message  de la star du 20 heures,  l’ami en question était un ex-premier ministre très,  très influent et candidat aux prochaines présidentielles.  En cette période préélectorale tous les candidats potentiels peaufinaient leur réseau d’influence. Avoir parmi ses membres une star de la télévision était indispensable.    Mais il n’était peut-être pas très opportun de remettre Aztésia en contact avec ce  baroudeur de jupons. 

  Ma princesse,  et si nous allions déjeuner quelques parts,  j’ai une faim de loup ! 

 

– Mais nous pourrions tout aussi bien acheter quelques provisions et prendre notre repas ici !

 

– Tes mains ne sont pas faites pour cuisiner.   Viens,  allons  voir du monde,  ne restons pas ici. Ensuite nous pourrions faire les boutiques, j’ai envi de t’offrir une belle robe pour samedi soir. Après cela je t’amènerai voir un film super.  Ce soir nous pourrions retourner au New York - New York  ou dans un autre endroit sympa.  Qu’en penses-tu ?

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