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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

04 Jan

La princesse de bronze

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

la princesse de bronze-1Auteur Michel Zordan - extrait : Je me présente,  Raphaël  Lemer, vingt-quatre ans.  J’ai l’immense honneur et privilège d’œuvrer dans la prestigieuse brigade des sapeurs-pompiers de  Paris.  Cet après-midi à seize heures quatorze précises  nous avons été appelés pour un incendie qui s’est déclaré dans un immeuble d’habitation, au 4, allée  Adrienne Lecouvreur.  À deux pas du Champ de Mars et de la Tour Eiffel.  À cet instant, j’étais très loin de me douter que cette mission serait pour moi le point de départ d’une extravagante  aventure. Et si vous regardez bien la carte au 4, allée  Adrienne Lecouvreur à Paris, vous comprendrez tout de suite qu’un mystère,  et même plus, entoure cette histoire.  Dans Google, il vous suffit de taper : carte de l’Allée  Adrienne Lecouvreur Paris 7°.  Vous allez être surpris, et pourtant….Auteur Michel Zordan - extrait :

Tout avait réellement commencé quelques siècles plus tôt.  Mais était-ce le hasard qui aujourd’hui faisait rebondir cette histoire dans ma vie ?

 

 

Dans un appartement du quatrième étage,  au 4 allée  Adrienne Lecouvreur à Paris…

 

Je suis la fille du roi Huitzilihuitl, fils d’Acamapitchtli  et petit-fils  de Culhuacan. Je suis née en 1397. Mon père devint le deuxième Tlatoani, roi-prêtre des Aztèques,  à la mort de son père en 1396.  Je vivais dans la cité de Tenochtitlan,  construite sur un îlot du lac Texcoco, à l’endroit même où l’aigle dévorait le serpent. Cette terre appartenait aux Tépanèques d’Azcapotzalco.  Ma mère était l’une des  filles de Tezozomoc, le souverain d’Azcapotzalco.  Je suis le premier enfant de  Huitzilihuitl  et de la fille de Tezozomoc. Mon frère Chimalpopoca était le favori de notre grand grand-père Tezozomoc, le souverain d’Azcapotzalco. Durant le règne de mon père Huitzilihuitl, la cité de Tenochtitlan prit un essor considérable.  Cette puissance naissante devenait une source d’inquiétude pour certaines tribus tépanèques.   À la mort de mon père, en 1415,  mon frère Chimalpopoca fut élu roi de Tenochtitlan et l’inquiétude des tribus tépanèques se transforma en  hostilité. Pour calmer leur animosité, mon frère, le roi  de Tenochtitlan, me proposa pour épouse à Penamotzaloc, l’un des fils d’Azalimotzilochli, grand chef de l’une des tribus tépanèques.   Penamotzaloc n’était alors âgé  que de huit ans,  et  ne pouvant  officiellement devenir son épouse,  je devais demeurer sa fiancée à ses côtés jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge de douze ans.  Lorsqu’il mourut à onze ans, quelques mois avant notre mariage, son père Azalimotzilochli exigea que je demeure éternellement à ses côtés. Mon corps sacrifié fut alors soumis à un rituel étrange. L’énergie dégagée par ma crémation  fut  utilisée pour créer une petite statuette de bronze servant d’urne funéraire emprisonnant mes cendres cristallisées. Cette statuette accompagna le corps du jeune Penamotzaloc dans sa dernière demeure.  Depuis ces temps immémoriaux,  mon âme et mon corps   vivent emprisonnés dans cet habit de métal.  

 

En 1985, après des siècles et des siècles,  des pilleurs de tombes  s’emparèrent de moi. Je passai alors de main en main, de marchand en marchand et d’étal en étal.  Les badauds me prenaient dans leurs mains,  certains laissaient  leurs doigts caresser les courbes de mon habit de bronze.   Puis ils me reposaient négligemment sur l’étagère comme une vulgaire marchandise.

 

 

Un jour la chance me sourit enfin : le regard délicat d’une jeune femme s’attarda sur les formes polies de la statuette et j’eus le sentiment que la renaissance était peut-être pour bientôt.  Je me suis ensuite retrouvée dans une grande maison. De la cheminée  sur laquelle un homme m’avait installée,  je pouvais admirer un immense édifice fait de poutres de métal et de rivets.  Lorsque les rideaux n’étaient pas fermés mes yeux s’amusaient de tous ces gens qui montaient et descendaient ou qui  marchaient  sur la grande esplanade.

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