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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

17 Aug

La princesse de bronze 5

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #la princesse de bronze

la princesse de bronze-1Roman : la princesse de bronze - Auteur Michel ZORDAN  
  
Extrait Chapitre 2 - Le maléfice  - Aztésia venait de comprendre que Xauqui, la déesse de la lune et des ténèbres avait déjà sévi. Le maléfice qu’elle avait jeté commençait à transformer le Raphaël un peu casanier en un Raphaël plutôt fêtard. Mais jusqu’où irai cette transformation ?
 
Nous étions vendredi, 23 heures. Arrivé avenue de l’Opéra, la foule se pressait devant le « New York- New York. » Pas moins 150 à 200 cent personnes attendaient le bon vouloir des maîtres du sésame. Aztésia revêtait la petite robe de soie noire accentuant les délices de son corps. Sur celle-ci, juste une veste légère ajoutait encore à sa sensualité. Sur ses talons de presque 20 centimètres, elle en jetait ma princesse de bronze. Dans le métro durant le trajet, les regards des mâles et même ceux de quelques femelles s’étaient lourdement appesantis sur ses lignes. J’étais plutôt flatté, c’était un très bon test. Je savais maintenant que les cerbères du « New York - New York » ne feraient aucune difficulté. Moi je m’’étais habillé sobrement, pantalon noir, chemise blanche col ouvert et veste claire. Avec ma grande taille, mes larges épaules et ma silhouette élancée, notre couple était parfaitement assorti. Je me sentais plus fort, plus sûr de moi. À peine devant l’entrée, je pris Aztésia par la main et la guidai tranquillement au travers des prétendants. Nous nous frayâmes sans aucune difficulté un chemin. Il y eu bien quelques râleurs, quelques grincement de dents, mais bien vite nous nous retrouvâmes devant les gardiens du temple. Je poussai Aztésia devant moi, l’exhibant comme un laissez-passer. Sans même prononcer un mot, les cerbères la jaugèrent, puis l’un d’eux lui fit signe d’entrer. Fier de moi je me retournai pour faire admirer mon triomphe. Mais moins de deux secondes plus tard, lorsque je voulu entrer à mon tour, la porte s’était déjà refermée. Une barrière infranchissable s’opposait à mon entrée. J’expliquai que j’accompagnai Aztésia, j’insistai, mais rien ni fît. Je compris alors que les gardiens du temple m’avaient joué un petit tour. Vexé, piqué au vif par les quelques rires et moqueries qui montaient des prétendants, je me fis plus pressant. Les gardiens du « New York - New York » emplissaient bien leur costume, mais je n’étais pas pourri non plus. Sans être un expert en bagarre de rue et avec mes deux heures de sports quotidiens, j’avais la prétention de pouvoir leur causer quelques problèmes. À l’instant même où les choses allaient semble-il se gâter, la porte s’ouvrit et Aztésia réapparu dans l’encadrement. L’éclairage puissant de la rue et le noir de l’entrée, balayé par des soupçons de fumée, dévoilaient une étrange atmosphère. Son visage, ses mains et ses jambes cuivrées, soulignés par le noir de sa chevelure et de sa robe ajoutaient encore au mystère.
 
 De sa voix venue d’ailleurs, elle articula :
 
– Raphaël tu m’as choisi, et je suis à toi. Pourquoi ne rentres tu pas ?
 
 Comme touché par la grâce, les deux cerbères en restèrent bouche bée. J’en profitai pour la rejoindre, sans manquer d’en ajouter une petite couche.
 
 – Excusez-moi messieurs, mais ma princesse de bronze s’impatiente !
 
 J’étais un peu impressionné par l’ambiance et le luxe de l’établissement, Aztésia très à l’aise m’entraînait déjà vers une table.
 
 – Viens, j’ai trouvé des amis, ils nous attendent !
 
 – Comment ça des amis ? Il y a ici des gens que tu connais ?
 
 – J’ai fait leur connaissance tout à l’heure pendant que tu discutais avec tes amis dehors. Je suis passé à côté d’eux, un homme m’a invité à m’asseoir, mais je me suis retourné et tu n’étais pas là.
 
Avais-je bien fait d’amener Aztésia ainsi vêtu ? Les loups l’avaient déjà repéré, je devais être très, très vigilant.
 
– Voilà, nous arrivons c’est cette table juste là !
 
 
Je reconnu alors Pascal Thierry, la star du petit écran et du 20 heures, cheveux bien mis, regard enjôleur. Il était accompagné par deux jeunes femmes. Pascal se leva, tendit la main à Aztésia, lui roucoula deux à trois mots gentils et l’invita à s’asseoir. Il se tourna ensuite vers moi, et m’invita également à m’asseoir.
 
 Les présentations furent vite expédiées, et tout aussi rapidement l’une des jeunes femmes me convia sur la piste.
 
 – Je m’appelle Alice. Excusez-moi de me jeter sur vous ainsi, mais ici tous les mâles sont à l’affût. Alors vous me comprenez ? Ne vous inquiétez pas pour votre délicieuse amie, avec Pascal elle est en de bonnes mains.
 
 Vu la réputation de la star du 20 heures, j’en étais persuadé. Raison de plus pour ne pas la quitter des yeux. Alice se déhanchait avec lenteur mais avec une technique très au point. Tout son corps s’enroulait et se déroulait avec l’application d’un boa femelle cherchant une proie. Tous les regards s’étaient tournés vers nous, j’en étais un peu gêné pour Aztésia. On pouvait même déjà percevoir chez quelques hommes et chez certaines femmes quelques difficultés respiratoires. Lorsque je jetai un coup d’œil vers la table, Aztésiaavait disparu, Pascal, la star du 20 heures n’était plus là non plus.
 
Ensuite les regards se détournèrent vers un autre couple, plus à gauche. J’en avalais difficilement ma salive, maintenant c’est Aztésia qui faisait le spectacle. La princesse de bronze dansait dans un rythme beaucoup plus soutenu, et bien plus spectaculaire. Sa petite robe noire remontait légèrement sur ses cuisses, ajoutant encore à sa sensualité. Heureusement, le beau Pascal ne pouvait suivre le mouvement et était obligé de rester un peu en retrait. Très agacé Alice se tourna vers Raphaël.
 
 – Je vous l’avais bien dit qu’elle était en de bonne main, dès qu’il voit une nouvelle il ne peut résister. Vous l’avez trouvé où, sa couleur n’est pas très locale. Mais Pascal se fou complètement de la couleur.
 
 Après un petit quart d’heure de folie, tout le monde se retrouva autour de la table. Deux à trois minutes plus tard, Alice qui mourrait d’envie d’en savoir davantage et même plus sur Aztésia proposa aux filles d’aller se repoudrer le nez. La princesse de bronze ne savait pas trop ce que le terme voulait dire, mais elle les accompagna.
 
 – Tu l’as rencontré comment ton Raphaël ?
 
 – C’est un guerrier du feu, il est venu me chercher dans les flammes. Il m’a choisi, je suis à lui autant de temps qu’il le voudra. De toute façon je suis obligé de lui être fidèle, il n’y a que lui qui puisse me rejeter.
 
 – Mais  de quel pays viens-tu?
 
  Je suis la fille du roi Huitzilihuitl, je fais partie du peuple Aztèque, c’est pour cela que Raphaël m’a baptisé Aztésia.
 
 Avec ses réponses sous forme d’énigmes, la fiancée de bronze commençait à attiser la curiosité d’Alice. Aztésia n’était pas dupe, elle apprenait vite et avait bien compris la manœuvre. Elle décida qu’elle aussi pouvait s’amuser.

– Mon pays c’est le Mexique, je suis née à Tenochtitlan en 1397. Cette ville s’appelle maintenant Mexico, vous connaissez ? Mon frère devint roi des Aztèques en 1396, enfin Tlatoani pour être plus précise. C’est comme un roi, mais en même temps c’est aussi un prêtre. Ensuite pour calmer l’hostilité de certaines tribus Tépanèques, il m’offrit comme épouse à Penamotzaloc, le fils d’Azalimotzilochli, c’était le chef de l’une de ces tribus.

Intrigué par l’attitude béate d’Alice, Sonia s’était rapprochée des deux filles et s’intéressait maintenant à la conversation. Avec les billes rondes prêtes à jaillir de leur orbite, on avait l’impression qu’elles écoutaient plus avec leurs yeux qu’avec leurs oreilles.
 
– Mais il y avait quand même un petit problème, Penamotzaloc n’avait que 8 ans et il ne pouvait pas m’épouser avant 12 ans. Alors j’ai été obligé d’attendre. Il était très gentil avec moi, il me traitait bien. Malheureusement à 11 ans il est mort, c’est à partir de ce moment là que mon supplice à commencer. Son père, Azalimotzilochli m’a fait sacrifier. Grâce à la chaleur qui s’est dégagée de mon corps lors de ma crémation, ils ont coulé une statuette de bronze et m’ont ensevelie dans le tombeau de Penamotzaloc.

Un jour les pilleurs de tombeaux m’ont découverte. Je suis passé de main en main, de marchands en marchands. Ensuite je me suis retrouvé sur une cheminée par très loin d’ici.
 
Alice et Sonia étaient stupéfaites, soit Aztésia était complètement piquée, soit elle avait une imagination débordante. Mais elle racontait son histoire avec tant de naturel, que les deux filles se demandaient s’il n’y avait pas une part de vérité.
 
 
– Et puis un jour, la femme qui m’avait acheté est venue rejoindre l’homme qui habitait la maison. Ils ont allumé la cheminée et se sont allongés sur le tapis juste devant. Mais là j’ai craqué, je ne pouvais plus supporter de les regarder en train de s’aimer. Vous savez les filles, à ma place vous auriez fait la même chose. J’étais enfermé dans mon habit de bronze et je ne pouvais même pas détourner la tête ou même me boucher les oreilles. Alors j’ai imploré Huitzilopochtli le dieu des Aztèques, mais il devait être occupé par ailleurs. A mon grand étonnement j’ai vu apparaître sa sœur, Xauqui, la déesse de la Lune et des ténèbres. C’est son frère, le grand Huitzilopochtli, dieu des Aztèques qui l’a assassiné. Enfin je crois, parce que je n’étais pas encore née. D’après ses dires elle été décapitée et jetée en pâture aux caïmans. Pour se venger des hommes elle a imaginé cette histoire de maléfice. Moi je ne voulais pas me venger des hommes, mais si je voulais rejoindre votre monde je n’avais d’autre choix que d’accepter.
C’est Raphaël qui m’a choisi le premier, maintenant je suis à lui. Voilà, c’est simple, à présent vous savez tout sur moi. Je crois que nous devrions rejoindre les autres, ils vont commencer à se poser des questions.

Comme des somnambules Alice et Sonia rejoignirent la table des hommes. Maintenant elles en étaient sûres, Aztésia avait dû s’échapper d’un hôpital psychiatrique. Très fière la princesse de bronze les suivie.
À suivre.... 
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