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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

21 Aug

La louve de Vianne - Episode 2 (redif)

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #la louve de Vianne

la louve de Vianne-2Dans ce récit, fiction et histoire se mêlent et s’entremêle…

 

Gaston IV de Béarn, dit le Croisé, fut vicomte de Béarn de 1090, jusqu'à sa mort en 1131. Son surnom le Croisé est dû à son rôle durant la première croisade. C’est lui, sous le pontificat du papa Urbain II, qui à la demande de Raymond de Saint-Gilles mena les chevaliers du Sud du Royaume de France à la première croisade en 1096. Le but, prendre la ville sainte de Jérusalem, pour venir en aide aux chrétiens et empêcher la propagation de l’islam. Pour certains, même s’ils sont de fervents croyants, leur motivation n’est pas complètement désintéressée : Orient résonne comme richesse facile. Là-bas c’est certain, l’or se ramasse à la pelle. Il suffit de se baisser pour cueillir les pierres précieuses. Parmi ses compagnons d’armes, Gaston IV de Béarn entraîne son frère Centulle de Bigorre. Puis Raymond, vicomte de Castillon, son frère Pierre, également Vicomte et Amanieu II, sire d'Albret. Auraient également fait partie de la balade, deux cousins du sire d’Albret, tous deux ses vassaux : Anthèlme le seigneur de Xaintrailles, et Perceval celui de Montgaillard, terres sises en Albret.

 

14 mai 1097 les croisés sont devant Nicée, capitale du sultanat seldjoukide de Roum. Laissant les Lorrains menés par Godefroy de Bouillon s'installer au nord, les Normands de Bohémond de Tarente à l'est, Raymond de Saint-Gilles, et Gaston IV de Béarn s’installent au Sud. Le siège peut commencer. Le 16 mai les assiégés tentent une sortie, ils laissent plus de deux cent hommes sur le champ de bataille. Le 19 juin, la ville est prise. Mais Nicée n’est qu’une étape, le but des croisés est de prendre Jérusalem et le 26 juin, Nicée est rétrocédée aux byzantins de Manuel Boutoumitès. Nicée est une ville riche, très riche, que s’est-il passé durant ces sept jours ?

 

Puis ce fut la bataille de Dorylee et celle d’Antioche. Après bien de péripéties, conflits d’intérêts et dissensions diverses entre les différents chefs, les croisés arrivèrent enfin en vue de Jérusalem.La ville sainte fût prise par les croisés en juillet 1099. Gaston IV de Béarn n’y participa pas, brouillé d’avec Raymond de Saint-Gilles, il prit part au siège d'Ascalon sous les ordres de Godefroy de Bouillon. Amanieu II, sire d'Albret l’avait déjà rejoint. Vers la fin de cette même année 1099, Gaston IV s’en retourne vers ses terres du Béarn auréolé de gloire et les bagages pleins de trésors.

Lorsque
Gaston IV s’en retourne vers ses terres du Béarn, ses amis et compagnons d’armes l’accompagnent, encore que…. Il semblerait qu’
Amanieu II, sire d'Albret et ses deux Vassaux, Anthèlmeet Perceval, les seigneurs de Xaintrailles et de Montgaillard ne retournent en Albret que quatre années plus tard, en l’an 1103.

 

Après le retour des croisades d’Amanieu II, sire d’Albret, la maison d’Albret connaitra un essor fabuleux, l’un des plus fabuleux de la noblesse française après celle des capétiens. En 1589, c’est l’apothéose, Henri de Navarre accède au trône de France et devient Henri IV. Sa mère est Jeanne d’Albret, et son grand-père maternel le roi de Navarre. Tous deux descendants de la famille de Gaston IV de Béarn dit le croisé et de celle d’Amanieu II, sire d'Albret.

 

Anthèlme le seigneur de Xaintrailles, compagnon d’armes d’Amanieu II, sire d’Albret mourra sans héritier direct. Ses neveux, Pierre d’Astafford, Conrad de Padern et Anselin de Gontaut, deviennent les nouveaux co-seigneurs de Xaintrailles. Ils entreprennent la construction du château avant la fin du 12° siècle.

Et la louve dans tout ça ? Un peu de patience j’y arrive…

C’est en décembre de l’an
1275 qu’elle est signalée sans doute pour la troisième fois… Les deux premières c’était quelques années auparavant, du coté de Montgaillard, et de Xaintrailles. Mais peut-être s’agissait-il d’un gros chien de retour à la vie sauvage. Cette fois pas de doute c’est bien une louve, attention pas une louve sous forme de gravure sur un mur ou une pierre. Non, une bergèreNicelle Terrobe, aperçoit à quelques pas d’elle, une vraie louve, faite de chair et d’os et plus certainement une louve pleine, prête à mettre bas. La cloche de l’église Notre-Dame de Villelongue vient de sonner les dix coups.La bergère garde ses trente brebis, et ses huit agneaux déjà bons pour la broche, dans un pacage à deux pas du village de Vilalonga, le long du ru de Laribot qui se jette dans la Baïse. Prise de panique, abandonnant ses bêtes, Nicelle Terrobe traverse le ruisseau, l’eau est assez haute, mais que nenni, elle se réfugier dans la première maison. L’alerte est donnée, une battue s’organise. À cet endroit pas de forêt, quelques bosquets tout au plus. L’animal sera repéré facilement, il suffira alors de le rabattre contre la Baïse, ou même de le faire descendre dans le ru et de l’empêcher de fuir.

 

Nicelle partit en courant à travers champs avertir Gauthier Valdemar, le lieutenant de Louveterie du seigneur de Montgaillard, Jourdain de l'Isle, héritier de sa tante Vianne de Gontaut-Biron. C’est Gauthier et Gauthier seul qui pourra occire la bête noire. Mais il n’y a pas de temps à perdre, les brebis et les agneaux sont en grand danger et c’est le forgeron, Adelphe Fromentin qui prit la tête de la demi-douzaine d’hommes armés de fourches et de faux. Adelphe Fromentin s’arma d’une lance. Il en avait quelques-unes en réserve, plus quelques épées, haches et autres fléaux. Alors tout jeune forgeron, c’est lui qui forgea les armes de Vital de Gontaut-Biron, l’ancien seigneur de Montgaillard et des seigneurs de Xaintrailles. Mais sa clientèle s’étendait dans tout l’Albret et même jusqu’en Béarn.

 

C’était son aïeul Adhémar qui avait forgé les armes d’Amanieu II, sir d’Albret avant son départ pour la 1ère croisade en 1096. À l’occasion Adelphe, estourbira la bête et Gauthier Valdemar n’aura plus qu’à l’achever pour recevoir la prime. Les loups n’étaient pas légion dans la région et du haut de l’insolence de ses dix huit ans, le lieutenant de louveterie passait le plus clair de son temps à surprendre les braconniers. À chasser à courre les renards, les chevreuils,  sus scrofa scrofa et à conter fleurette aux bergères (pas qu’aux bergères d’ailleurs).

 

À suivre....

Légendes ou réalités ? Dans ce récit, fiction et histoire se mêlent et s’entremêle…

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