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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

26 Jul

la ligne de démarcation

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

brulhoisUne ombre sur le Monde - Série les exilés de L'Arcange - Auteur Michel 978-2-9532863-4-2      En savoir plus sur www.unauteur.com

Extrait - Lucien avait pris le volant, se dirigeant vers la nationale 20, la traction traversait Limoges. Direction Vierzon et la ligne de démarcation. Mis à part la tentative de brigandage à la sortie de Lembras, tout se déroulait comme prévu. Cinq kilomètres avant Vierzon, un panneau indiquait qu’ils arrivaient dans la zone occupée. Émilio jeta un coup d’œil à sa montre,  treize heures, la circulation était très fluide. 


Lorsqu’Émilio vit la barrière et la guitoune des militaires à trois cents mètres environ, son estomac se serra légèrement. En zone libre, à part un incident très rare, comme la péripétie du Lancaster, il ne risquait pas grand-chose. Par contre après le passage de cette barrière, ils entraient véritablement dans le vif du sujet. Lucien stoppa l’automobile derrière une Peugeot noire.   

 

Trois soldats allemands attendaient pistolets mitrailleurs braqués vers les occupants. Un gradé s’approcha de la 202 et fit signe aux deux passagers de descendre. Il ordonna au conducteur de garer le véhicule sur le côté et de descendre à son tour. Deux des soldats ouvrirent le coffre de la Peugeot et commencèrent à la fouiller. Ils donnèrent ordres aux passagers de sortir les deux valises et de les ouvrir. Pendant ce temps le troisième soldat débarrassait le coffre des quelques bouteilles de vin et du jambon qu’il contenait. Dans les valises ils découvrirent saucissons et pots de pâtés qu’ils saisirent également. Émilio et Lucien se regardèrent en espérant de tout cœur et de toute leur âme que le laissez-passer soit vraiment valable à partir  d’ici. Deux autres soldats se dirigeaient maintenant vers eux. Dans un français approximatif, le premier demanda à Lucien les papiers du véhicule, puis leurs papiers d’identité et l’Ausweis. Le cœur serré, priant de toutes ses forces, mais sans hésitation, Émilio lui fit signe. Il lui remit le laissez-passer accordé par le général Knoertzer, ainsi que le courrier mentionnant que le véhicule ne pouvait en aucun cas être fouillé. L’homme prit les documents et partit vers les bureaux installés un peu en retrait. Le temps leur paraissait très, très long. Les passagers de la Peugeot avaient été autorisés à repartir, délestés bien sûr des victuailles. Le soir même, toutes ces bonnes choses amélioreraient l’ordinaire de quelques officiers et sous-officiers. L’Allemand auquel Émilio avait remis le laissez-passer revint vers eux, sans dire un mot, il nota soigneusement les numéros de la plaque minéralogique. Il repartit ensuite d’où il était venu. Le temps n’arrivait plus à s’écouler, Émilio avait l’impression qu’ils étaient là depuis plus d’une heure. Puis un officier arriva près de la Traction Avant, il était accompagné du même soldat en armes.

 

– Bonjour monsieur Montazini, veuillez nous excuser pour le désagrément occasionné par ce contrôle. Voici vos laissez-passer, tout est en règle. Vous pouvez repartir, je vous souhaite bon voyage et un bon séjour à Paris.  

 

Émilio et Lucien remercièrent l’officier et le saluèrent. La barrière se leva et ils repartirent sans perdre de temps. Ils restèrent bien cinq minutes sans dire un mot, à digérer les émotions. Puis Émilio rompit le silence.

 

 – Il n’y a pas à dire, Julien a fait du bon travail, je pense qu’avant trois jours nous serons repartis avec les Dayan. 

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