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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

30 Jul

la Bugatti

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

bugatti.jpgLes Prémices - série les exilés de L'Arcange - Auteur Michel ZORDAN   -   ISBN 978-2-9532863-2-8   En savoir plus sur www.unauteur.com

 

Extrait - J’avais enfin réussi à convaincre Amandine, nous allions nous introduire dans le parc de la Rondouillère. Hier encore, et à trois reprises au moins, la dame mystérieuse nous avait espionnés. Il était temps d’en avoir le cœur net, et d’essayer de découvrir ce qu’elle mijotait exactement. La première étape consistait en une simple exploration des environs immédiats de la maison. Si une voiture ou autre chose de suspect était caché là, nous le trouverions sans difficulté.

 

Au cas où, j’apportais  avec moi une corde d’une dizaine de mètres.

 

Nous passâmes une première fois devant la grille, pour nous rendre compte de la situation. La Bugatti n’était pas garée devant la maison. Le problème était maintenant de savoir où se trouvait le grand gaillard à moustaches. Nous cachâmes nos bicyclettes à bonne distance et convergeâmes à pied vers la propriété. 

 

– Nous allons approcher par l’arrière, nous trouverons sûrement un endroit pour entrer.

 

Le parc était entièrement clos, mais nous découvrîmes sans peine, sous une touffe de lierre, un pan de mur effondré. Rapidement nous nous retrouvâmes à l’intérieur de la propriété, dans le fond, sous les grands chênes. Je constatai que l’un d’eux était bien plus haut que les autres, et constituait un excellent point d’observation.

 

– Je vais monter au sommet, si le bonhomme est dehors je le verrais à coup sûr !  

 

– Fais bien attention Sylvio, les branches de la cime sont fines, tu risques de te briser le cou !

 

Le fût était assez long, et je lançai la corde pour la faire passer au-dessus de la branche la plus basse. Après quatre tentatives, le plus dur était fait. Il ne me restait plus qu’à attacher une extrémité à la base et à me hisser par l’autre bout. J’atteignis facilement le houppier, puis, tel un écureuil, je grimpai vers la cime. La vue était imprenable, mais pas de bonhomme à moustaches ou autre chose de suspect à l’horizon.

 

– Sylvio, tu vois quelque chose ?

 

– Non, il doit être à l’intérieur, ou juste devant la maison !

 

A peine avais-je terminé ma phrase, que je l’aperçus,  allant vers la grille pour l’ouvrir. Puis l’homme repartit tranquillement vers la maison.

 

– Reste en haut, je vais m’avancer en lisière pour essayer de voir !

 

Moins d’une minute plus tard, Amandine revint en courant.

 

– Descends, descends vite, vite, il arrive vers nous !

 

Je ne demandai pas de précisions et dévalai de mon observatoire à grande vitesse.

 

A peine avais-je atteint le bas du houppier, que je me saisis de la corde et sans hésiter je me balançai dans le vide.

 

– Vas-y décroche l’autre bout.

 

Amandine fut trop rapide et le résultat ne se fit pas attendre, je chutai assez lourdement sur le sol. En me relevant prestement, je ressentis une douleur à la cheville droite, mais la crainte de me retrouver face au grand gaillard moustachu me galvanisa. Boitillant, traînant la corde derrière moi, je rejoignis Amandine qui arrivait déjà au mur d’enceinte.  

 

– Pardonne-moi Sylvio, j’ai défait le nœud trop vite. Tu aurais pu te fracasser la tête.

 

– Ce n’est pas grave, juste une entorse, quelques écorchures et un genou qui saigne un peu. Viens, il ne faut pas traîner dans le coin. Récupérons nos vélos en vitesse. Je me demande s’il venait vers nous par hasard, ou s’il avait vu quelque chose.

 

– Il arrivait assez vite, je pense qu’il nous avait repérés !

 

Nous devions maintenant trouver une explication pour la cheville, les égratignures et le genou. Pour une fois, pas question d’avouer la vérité à papa, enfin pas tout de suite.  Nous ne trouvâmes pas mieux que d’inventer une simple chute de vélo, par chance celui-ci n’avait rien.

 

Papa fit semblant d’y croire, mais la corde que je rapportai lui sembla sûrement louche. Il avait en main quelques journaux régionaux. Tous relataient l’évènement de la veille, la plupart en faisaient leur une. 

 

– Vas voir Lisette, demande lui gentiment de te mettre une bande bien serrée. Pour les plaies, lave-les à grande eau.

 

Lisette, la bonne du château Tourne Pique goba notre histoire sans difficulté.

 

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