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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

06 Jan

Gaillard, seigneur de Saint-Cirq

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

gaillard de la popie-4Auteur michel Zordan - extrait : Les protagonistes  utilisent le prétoire comme une  scène , chacun voulant tenir le premier rôle. Joutant avec les mots, jouant sur les effets, tentant de convaincre.  Conscients des quelques centaines de personnes qui les regardent, les La Popie, les Cardaillac et les Barasc revêtent rapidement l’habit de saltimbanques.  Transformant ce différent en pièce de théâtre,  se prenant au jeu, faisant tout pour plaire à l’assistance. Le juge et ses assesseurs et même Barsac n’étant plus les cibles premières.

 

– Barasc, nous savons comment tu te comportes dans tes fiefs, comment tu fais mains basses sur les dîmes et oblations  des religieux. Tu donnes prétexte de les protéger, mais le prédateur c’est toi et ta famille de vendues. Et quand ils ne sont pas d’accord, tu les malmènes, allant même jusqu’à les molester. Tu n’es pas digne d’être un seigneur, tu n’es fidèle et loyal envers personne. Tu t’accoquines avec les anglais, avec les Templiers, avec les manipulateurs de finances, tu n’as aucune fierté. 

 

– Et toi Déodat de la Popie,  elle vient d’où la richesse  de ta famille ?  Après que les Gourdon vous aient acheté avec des femmes,  vous avez de nouveau courbé l’échine devant les Cardaillac…   

 

–  Moi au moins je n’ai pas épousé la sœur de mon frère. Après tout c’est une façon originale de point rompre les héritages. Tu comptes les donner à qui tes filles ?  Va quand même falloir un peu de sang nouveau dans ta lignée, peut-être l’un de tes coquins d’anglais !   Dis-moi,  et les terres du fief de Larganol, tu les as achetés comment ?  Il t’a bien fallu donner des garanties, les Templiers ils ne prêtent pas sans garantie !  Tu leur as promis quoi ?

 

Durant de longs moments les provocations fusent, et les discussions s’enflamment,  faisant le bonheur des quidams spectateurs. Qui selon,  applaudissent ou manifestent leur indignation.  Mais à aucun moment les armes ne quittent leur fourreau. Les Barasc savent qu’ils ne font pas le poids.  Et notre clan sait que devant autant de témoins, et devant l’envoyé même du comte de Toulouse, propre frère du Roi de France, la solution n’est pas au pugilat. Il faut montrer ses muscles, soit.  Mais il faut en même temps faire preuve de bienséance.   Le message est : vous voyez, nous sommes les plus fort, pourtant nous n’en profitons pas,  notre démonstration est pacifique. Les raisons mêmes de cet arbitrage,  qui est l’attaque en règle  du moulin de Cabrerets n’est même plus évoquées.  Le juge Aimeri et ses assesseurs  comprennent que le mieux pour eux est  de laisser la bille se déverser. Pas question de verser de l’huile sur le feu, le chaudron est assez chaud comme ça.  De retour à Toulouse, ils feraient un rapport circonstancié au comte de Toulouse. C’est lui qui de toute façon,  prendra ou ne prendra pas de décision.  En milieu d’après-midi Barasc jette l’éponge,  et signifie au juge qu’il se retire du débat.  Non sans menacer notre famille et les Cardaillac.

 

 

–  Vous n’êtes que des couards et  vous n’allez pas vous en tirez pas aussi facilement.  Vous n’aurez pas toujours cent cinquante hommes en armes pour vous cacher derrière.  Si je n’obtiens pas gain de cause  auprès du Sire Alphonse de Poitiers, ça sera la guerre. Et croyez-moi sur parole,  des alliés j’en trouverai.  

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