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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

15 Jan

Gaillard, seigneur de Saint-Cirq

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Édition ; culture ; littérature ; livre ; lecture ; écrivain ; critiques ; roman ; salon du livre ; Michel Zordan ; romans de terroir ; libraires ; librairie ; écriture ; prix littéraires

Gaillard de saint-Cirq1Auteur Michel Zordan - extrait : Arrivés aux pieds des remparts de La Roque-Gageac,  la porte principale et le pont levis sont ouverts. Plus encore qu’à Beynac le village s’allonge le long de la Dordogne. Ici le château du seigneur n’est pas érigé sur la falaise, mais sur une petite hauteur, à quelques brasses seulement de la rivière. Sous les regards de deux soldats, quelques attelages entrent, d’autres sortent, tout semble tranquille. Sans attendre nous nous dirigeons vers les hommes en armes.  Un détail me fait réagir.

 

–  Altiq,  les deux charrettes qui viennent de rentrer, il n’y a que des hommes dessus. Ce n’est pas normal, si elles vont au marché il devrait-y avoir aussi des femmes !    

 

–  Ta remarque est judicieuse, tu fais des gros progrès Gaillard.  Restons sur nos gardes.

 

 –  Je vous baille le bonjour mes seigneurs.  Nous arrivons de Beynac,  nous avons chevauchés toute la nuit pour apporter un message.  Nous devons voir votre maître, et…

 

La tête des gardes m’apparait véritablement patibulaires, ils ne ressemblent en rien à des hommes de garnison. Ils portent bien un semblant d’uniforme, mais quelque chose cloche. Sans trop en savoir la raison, mes yeux se portent alors vers l’entrée de la salle des gardes restée entrouverte.  C’est bien un pied d’homme qui apparait au sol.  Et la grosse tâche rougeâtre,  n’est-ce point du sang ?

 

–  Fuyons Altiq,  ces hommes sont des sbires de Bohémond le Bâtard…

 

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nos roussins à la bride,  nous déguerpissons le long des hauts remparts de bois.  Surpris  les deux hommes ne réagissent pas sur l’instant.

 

–  Nous devons trouver une autre entrée. Regarde là-bas, un moine.  

 

Moins de deux cent pas devant nous, le religieux, une bêche sur l’épaule sans allait sûrement à son travail. Rapidement nous le rattrapons et tout aussi rapidement Altiq l’informe de la situation.

 

–  Suivez-moi mes frères, il y a une entrée secondaire pas très loin. J’espère qu’il n’est pas trop tard, pressons le pas.

 

Rapidement nous entrons dans le bourg.

 

–  Prenez cette ruelle, elle vous conduira directement au château. Moi je file à la Maladrerie prévenir le père supérieur. Nous avons une arme très efficace contre les envahisseurs.

En quelques mots, le moine nous explique que la Maladrerie est un monastère un peu particulier installé à l’entrée Ouest. Les moines y soignent des lépreux. Lorsque des assaillants sont signalés, l’astuce consiste à les envoyer dans la rue, munis de leur clochette, dont ils ne peuvent se séparer. Rapidement les belligérants passent leur chemin. Pour ceux qui ont déjà pénétrer dans l’enceinte il est certes trop tard, mais pour d’éventuels nouveaux arrivants, la parade serait payante.

 

Nous sommes reçus par Herbert de Lothaire, prévôt du seigneur de la Roque-Gageac. Ce dernier est absent, rendant une visite à un cousin du côté de Périgueux.  Le tocsin résonne et la défense s’organise.  Altiq ressert l’histoire de l’enfant qui a décidé de consacrer sa vie à Dieu et l’homme gobe sans sourciller. Altiq donne même une précision supplémentaire, nous nous rendons au village de Monbazillac. Mon compagnon a quelque peu modifié sa version. Notre destination n’est donc plus Cahors, mais ça je le savais déjà. Bien à l’abri dans la salle d’armes du château, nous ne prenons par part aux combats. Dans le courant de la matinée nous apprenons qu’une dizaine de brigands ont été occis. Vers le milieu de l’après-midi, la messe est dite, les survivants sont repoussés hors des murs et même poursuivis.  Les assaillants faits prisonniers  sont avant même la nuit tombée,  exhibés à la fourche patibulaire érigée à l’entrée du village, devant la Maladrerie. Manquant de place, trois autres gibets sont prestement improvisés.  Nous restons à l’abri du château toute la nuit.

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