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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

05 Nov

Du foin sur le green

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest

du foin sur le greenAuteur Michel Zordan - Extrait : Je laissai le maire et mes parents en tête à tête et m’éclipsai pour me rendre chez Lisa. Lorsque j’arrivai à La Disette, la nuit tombait, elle m’attendait sur la terrasse, une bouteille de Chardonnay déjà entamée bien au frais. Elle se leva pour m’accueillir, mais son attitude semblait un peu différente. Sans me laisser le temps de l’embrasser sur les joues, elle s’empara de ma bouche avec une fougue gloutonne. Sa langue me fit l’effet d’un lance-flammes, nous étions en manque tous les deux et le point de fusion n’était plus très loin. Puis d’un coup, elle relâcha son effort, s’excusant même…

 

– Excuse-moi Martial, mais j’ai bu un peu en t’attendant et je ne supporte pas très bien l’alcool ! Je vais vérifier ta plaie, comment te sens-tu ?

 

Mis à part la frustration, mon pied allait très bien. Le nom de sa maison, était-il un signe ? Lisa entreprit de défaire ma chaussure et enleva d’un coup sec le pansement. Elle l’examina, décréta que c’était guéri, puis s’assit face à moi. Ses yeux bleus brillaient, sa coiffure était en désordre, mais le chardonnay ne l’avait pas encore totalement libérée.

 

Ce n’était que partie remise, et j’avais quand même avancé un peu. Je connaissais maintenant l’arme à utiliser pour éventuellement conclure. Il me fallait juste apprendre à l’utiliser efficacement. Notre conversation partit un peu dans tous les sens, j’évitai quand même de trop en dire sur l’affaire du golf. Le temps passait mais je constatai que Lisa ne consommait plus une seule goûte de vin. Son verre était plein et il le restait. Elle le prenait dans sa main, le triturait, le tournait, le retournait, mais il restait plein. J’étais à ses côtés depuis presque deux heures et la situation n’évoluait pas. Je ne disais qu’une fois de plus que c’était foutu. Deuxième râteau en quelques jours, de quoi ravaler ma fierté de mec. J’avais l’impression que mes logiciels de mâle séducteur et conquérant n’étaient toujours pas à jour, ou alors de nouveaux étaient sortis et je n’étais pas au courant. Aujourd’hui tout allait très vite, et il fallait absolument suivre le mouvement pour ne pas être distancé… Enfin elle se décida, buvant son verre d’un trait, un peu comme on avale un médicament amer. Le résultat ne se fit pas attendre, elle se leva immédiatement et vint d’autorité s’installer sur mes genoux. Rapidement la situation devint ingérable, d’un geste elle retira son tee-shirt, une véritable petite bombe proche de l’implosion ma Lisa. Moi, je n’étais pas en reste, mais j’avais une excuse, je n’étais qu’un mec. Lorsque je constatai qu’elle avait négligé de mettre des dessous, la situation devint encore plus critique, le chaos n’était plus très loin, même les chouettes s’étaient tues. Certes la maison était un peu isolée, mais nous étions dehors sous la lumière et la toubib s’en foutait complètement. Je priai juste pour que la chaise tînt le coup. J’eus à cet instant une idée un peu saugrenue qui n’avait rien à faire là : et si toute l’énergie sexuelle déployée par les humains était récupérée et transformée en électricité. Vu le nombre de coïts dans le monde, plus besoin de centrale nucléaire. Elle était là l’idée pour de l’énergie propre, mesdames, messieurs les politiques, messieurs les industriels, la balle est maintenant dans votre camp… Je venais juste de me rendre compte que mon cerveau m’avait aiguillé vers un autre sujet, afin de m’éviter une humiliante conclusion trop hâtive. Une bonne invention quand même le cerveau. J’arrivai maintenant en bout de course, même le cerveau et toutes ses astuces n’y pouvaient plus rien, l’atterrissage se fit dans les turbulences et la chaise se brisa d’un coup. Nous nous retrouvâmes à terre, à même la terrasse de bois, riant aux éclats. Mais la situation évolua de nouveau très rapidement, sans attendre, ma diablesse s’invitait à une deuxième tournée. Je constatai que la mignonne avait encore très faim, très, très faim. Quelques amuse-gueules avalés à la va-vite ça ne cale pas. La confrontation se situant au niveau zéro, cette fois plus de problème de support à redouter. La dégustation débuta au ralenti, côté énergie juste de quoi fournir des ampoules basse tension. Mais la détermination était là, l’important étant d’apprécier tous les arômes. Plus question de beuverie, de consommation massive à la va-vite, chaque goutte, chaque bouchée s’appréciant jusqu’au plus profond des saveurs. Petit à petit, je constatai que mon appétit revenait et même à grand pas. Très rapidement une ivresse réciproque transporta nos corps, l’exaltation guidait nos gestes qui se firent plus précis, plus appuyé, plus rudes aussi. Et puis ce fut l’illumination finale, l’atterrissage fut de bien meilleure qualité. Les étoiles étaient de sortie, demain la journée serait radieuse. Vers 2 heures du matin, les manœuvres étant terminées, je décidai de quitter le camp, mais Lisa avait d’autres idées…

 

– Tu as trop bu, tu es trop fatigué, tu pourrais t’installer dans mon lit, moi je dormirais dans le canapé.

 

Vous le savez comme moi, les hommes sont faibles, et je me laissai convaincre (facilement). Tu parles d’un canapé, moins de cinq minutes plus tard, les manœuvres reprenaient. C’est seulement à cet instant, dans la pénombre et à contre-jour que je vis Lisa entièrement nue. Avant cela il y avait toujours un chiffon traînant quelque part. Elle était bien gaulée ma diablesse, un beau cul, bien rond, bien dodu, mais ferme et bien dessiné, de quoi accrocher… ses convictions. Ses cuisses étaient pas mal non plus, ouais, c’était pas mal, et puis ses seins, pas très gros, pas vraiment en forme de poire, pas vraiment en forme de pamplemousse non plus, mais superbement arrogants. Arrogants était bien le terme exact. 

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