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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

18 Sep

Ambroisine, et ses frères

Publié par Michel Zordan

Ce récit est une fiction. Toute ressemblance avec des situations réelles ou des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

 

Ambroisine, et ses frères – Auteur Michel ZORDAN

– Commandant Parisi, des nouvelles de votre serial-killer ?

– Théo Grandville, que faites-vous ici, et comment êtes-vous parvenu jusqu’ici ! Et qui vous a avisé pour ce nouveau… nouveau meurtre ? Vous parlez de serial-killer, mais rien ne prouve que cet assassinat puisse être rattachés aux autres. Et rien ne prouve que les autres assassinats aient d’ailleurs un lien entre eux.

– Commandant, s’il vous plaît, il semblerait que le mode opératoire soit identique. Seul un pervers de la pire espèce, peut avoir fait ça. Je ne pense pas qu’il puisse y en avoir deux en France, pour agir ainsi… aussi cruellement. Je sais que vous savez des choses, je vous promets que je n’écrirais rien qui puisse se savoir. Moi j’écris un roman, et…

– Théo Grandville, désolé, mais je n’ai pas trop de temps à vous consacrer. Je vais vous faire une proposition, invitez-moi au restaurant, et peut-être pourrais-je m'épancher un peu. J’ai bien dit un peu. Mais attention Monsieur le romancier du dimanche, pas question de resto à deux balles. Un restaurant chic, de qualité et mes confidences seront également de qualité. Il y a un truc bizarre quand même, vous avez un travail en or, conseiller fiscal dans le cabinet de votre père. Le cabinet d’affaires Grandville a comme clientèle les plus grosses fortunes de Paris, de France, et de Navarre. Que des entreprises internationales. Vous êtes le seul héritier, et vous vous acharnez à vouloir écrire des polars qui ne seront jamais publiés. N’est pas San Antonio qui veut !

– Commandant Parisi, d’abord San Antonio n’est pas un écrivain, mais le personnage principal d’une saga qui dure depuis 1949. L’écrivain, c’est Frédéric Dard. Mais savez-vous pourquoi, je n’ai rien réussi de bon jusqu’à maintenant ! Tout simplement parce que mes histoires n’étaient pas réalistes, je le reconnais, elles étaient trop approximatives. Mais ça va changer, j’ai bien compris le truc, j’ai besoin d'informations concrètes, prises au plus près de l’action. Et tant que le, ou les suspects, ou même les coupables, ne sont pas identifiés, au plus près de l’action, c’est vous, la police. Cette affaire est plutôt sordide. Et le sordide, le morbide, avec des détails bien précis, bien saignants, bien croustillants, les gens s’en défendent, mais ils en raffolent. Il n’y a que ça qui marche. C’est la troisième victime, et il faut bien l’avouer, le tueur a l’imagination macabre, n’est-ce pas commandant ! Et cerise sur le gâteau, vous êtes très jolie, très belle, mais je ne voudrais pas être accusé de faire du sexisme, alors…

– Théo Grandville, vous pouvez me faire la cour, et m’accuser d’être belle et jolie, et ce, tant qu’il vous plaira, ce n’est pas moi qui irai vous en blâmer. Et pour le resto Grandville, vous décidez quoi ?

– Bien entendu commandant Parisi que je vous invite au restaurant, et j’ai déjà une petite idée de l’établissement dans lequel, je vais vous amener. Ce soir commandant, ce soir 8 heures, ça vous irait ?

– Théo Grandville, je vous ai fait une proposition, mais pas question de m’entraîner dans un kebab, ou un quelconque Fast-food. Si vous m’invitez pour ce soir, c’est qu’il n’y a pas de réservation, et s’il n’y a pas de réservation, c’est que l’établissement est de seconde zone.

– Vous oubliez un petit détail commandant Parisi, je travaille, disons-le, à temps perdu, dans le cabinet d’avocats d’affaires de mon cher père, Aristide Grandville. C’est le grand et le plus en vue de la capitale. Parmi nos clients, nous avons, de grands noms de la restauration Parisienne, alors pas de problème de réservation pour moi, et pour la dame qui sera mon invitée ce soir. Nous aurons même la meilleure table de l’établissement. Faites-moi confiance Madame, vous serez reçu comme une reine.

– Mademoiselle, cher Monsieur Théo Grandville, Mademoiselle ! Je vous accorde le bénéfice du doute, mais je vous ai à l’œil. Vous avez mon 06, alors communiquez-moi, l’adresse dans l’après-midi, et maintenant je vous invite à quitter la zone du crime ! À ce soir Monsieur Granville !

– Commandant Parisi, encore une petite chose, on se connaît depuis pas mal de temps maintenant, je pourrai peut-être connaître votre petit nom, moi c’est Théo, et vous !

– Je sais très bien que votre petit nom est Théo ! À ce soir Monsieur Théo Grandville !

C’est déjà une bonne avancée, mais je dois faire gaffe, c’est quand même cette nana qui m’a proposé de l’inviter au restaurant. Peut-être cherche-t-elle simplement un mari ! Elle n’est pas mal, je pourrai même comme certain dire qu’elle est bonne, mais ce n’est pas mon truc d’être vulgaire. Elle est aussi très intelligente, mais attention Théo, tu es un parti envié, tes parents sont assez riches, et tu ne dois pas te laisser piéger. En même temps, j’ai besoin d’infos de première main. Le premier meurtre a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 mars. Le deuxième dans la nuit du 21 au 22 mars. Le dernier, le troisième a eu lieu la nuit dernière, celle du 28 au 29 mars. Ce qui fait un crime tous les 7 jours. Si le tueur respecte cet intervalle, le prochain crime devrait avoir lieu le 5 ou 6 avril. Et le prochain, prochain le 12 ou le 13.

J’ai réservé une table Chez Léon, rue Gabriel Lame. C’est une auberge tenue par Léon Coste, un Aveyronnais. L’établissement est sans prétention, sans chichi, mais sa cuisine est un fleuron de la gastronomie Française. Son aligot, on se relève la nuit pour en remanger. Et comme vin, je lui proposerais un Saint-Pourçain. Mais avec l’aligot, je ne vais tout de même pas lui proposer une saucisse, pourtant Léon Coste, sa saucisse, elle est fabuleuse. Ou alors, une daube de sanglier, ou une pièce de bœuf… Mais, et si elle est végétarienne, ou même végan, c’est à la mode chez les filles de véganisme ! Non, c’est elle qui m’a proposé de l’inviter, si elle était spéciale, elle me l’aurait dit ! Non, je crois et je pense, et je suis même certain que c’est une carnivore, comme moi… Et puis, nous verrons bien…

Toute la matinée, et toute l’après-midi, je ne pense qu’au commandant Parisi et au repas de ce soir. Les filles, les femmes, ce n’est pas la première fois que j’en invite au restaurant, ça m’arrive toutes les semaines. Eh bien, cette fois c’est différent. Je ne suis pas inquiet, ni préoccupé, ni même anxieux, mais j’y pense sans cesse. Peut-être à cause des informations qu’elle pourra me donner au sujet des meurtres. Oui, c’est très certainement ça ! Non Théo, soit honnête, il y a autre chose !

J’ai proposé au commandant Parisi, d’aller la chercher, au 36, rue du Bastion, la nouvelle adresse de la Police Judiciaire, mais elle a refusé. Elle sera à l’adresse indiquée, rue Gabriel Lame, vers huit heures.

Je suis un peu en avance chez Léon, et je suis fébrile. Bizarre cette sensation, ce n’est tout de même pas la première fois. L’aubergiste m’a réservé une table, comme je le lui ai demandé, dans un coin tranquille.

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