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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

31 May

Occitania, les voleurs de royaume

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Michel Zordan, #collection contes et légendes, #Occitania, les voleurs de royaume

 

Collection contes et légendes  - Jeanne Hermensende herboriste de son état habite la ferme de Manguia, sise sur la commune de Vianne en Gascogne. Je l’ai rencontré sur un marché fermier, il y a quelques semaines. Après un échange de quelques mots, nous sommes devenus amis. Je remarque tout de suite que Jeanne n’est pas un être ordinaire. Taquinant ma curiosité, elle m’invite dans sa ferme, me promettant d’en dire plus sur la louve. La louve gravée au burin sur l’une des pierres de l’abside de Notre-Dame. Lors de ma première visite, à peine ma voiture garée sur le bord de la petite route, je découvre à l’orée d’un bois la magnifique et insolite maison à colombages. Jeanne ramassant des plantes médicinales dans la campagne est absente. Attendant son retour, un...

Je ne peux résister à l’envie de retourner à la ferme de Manguia une troisième fois… À mon arrivée le matin de bonne heure, comme la fois d’avant, et celle d’avant, ramassant des plantes dans la campagne, Jeanne est absente. Mais un autre grimoire et une autre carafe de l’étrange élixir sont là bien en vue. N’attendant que moi pour un nouveau grand voyage dans les méandres des contes et des légendes.

Saint-Cirq, en l'an 1276 -  Pour le prochain solstice d’été, toute la famille La Popie est conviée aux épousailles du protégé d’Amanieu VI, le sire d’Albret. C’est un allié de poids résidant en Gascogne.  Ce protégé se nomme Gauthier Valdemar, Seigneur de Lasmazères. Il épouse Éléonore, la fille de Raimon Gislebert, bailli de Nérac et de Dame Jeanne de Favresse. On ne sait trop rien sur ce jeune seigneur qui est, paraît-il, brave et intrépide. Le sire d’Albret mise apparemment beaucoup sur lui. Le voyage jusqu’à Nérac prendra au moins quatre jours.

Ceux qui soutiendront que cette histoire n’a jamais existé ne connaissent rien à la vraie vérité, ou ils en ont peur. La vraie vérité, on ne la trouve pas dans les livres d’histoires, mais seulement dans les contes et les légendes racontés le soir, lors des veillés au coin du feu par les anciens.

Occitania, les voleurs de royaume

ISBN 979-10-92612-17-2   -  146 pages 

Occitania, les voleurs de royaume - volet 3, collection contes et légendes 

Au matin du quatorze juin de l’an 1276, à plus de trois cents nous quittons Saint-Cirq pour la Gascogne. Les Cardaillac, les Gourdon sont des nôtres. Je ne vois aucun des Barasc. Un point de ralliement se situe à Cahors. À partir du lendemain, une véritable petite armée converge vers le fief du Sire d’Albret pour assister aux épousailles de ce seigneur de Lasmazères qui m’est complètement inconnu. Je n’ai entendu prononcer son nom pour la première fois, qu’il y a quelques semaines. Mais qui est-il réellement pour que les seigneurs du Quercy et apparemment de toute la Guienne lui accordent une telle importance ? D’après père, et grand-père Déodat ce mariage est juste un prétexte pour se rencontrer. Mais je suis persuadé que certains ont une idée bien plus précise sur les raisons de ce rassemblement.

 

Officiellement, la Gascogne est possession de la Guienne, et la Guienne des Anglais. C’est Louis IX qui nous a vendus aux Anglais par le traité de Paris de 1259. Louis IX, dit « le bon » (pas pour nous, mais paix à son âme, il est mort à Carthage, sûrement empoisonné par ceux-là mêmes qu’il avait trahis), avait officiellement échangé la Guienne aux Anglais contre d’autres possessions plus au Nord. Il n’y a plus guère que l’Agenais qui n’est pas encore tombé dans l’escarcelle des Anglais. Cette contrée figure bien dans le traité de 1259, mais avec une mention spéciale, et Philippe III le Hardi, Roi de France, fait traîner les choses.

 

En 1271, à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, bien que faisant partie de la Guienne, la plupart des seigneurs du Quercy hommagent en faveur de Philippe III le Hardi, Roi de France, et dixième dans la dynastie des Capétiens. Mais pour un nombre conséquent de seigneurs de Gascogne et des autres contrées, c’est loin d’être le cas. Certains mènent double jeu, attendant de voir, s’accommodant aussi bien du vent du Nord, de l’ouest, de l’Est, que du vent d’Autan. Notre petite armée qui se dirige vers Nérac, c’est sans aucun doute pour convaincre certains que nos âmes ne sont pas à vendre. Les Anglais d’Édouard Ier le Plantagenêt, ne seront jamais les maîtres en Quercy et les quelques petits privilèges qu’ils accordent à certains ne sont que des leurres.

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