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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

14 Nov

Un exil plus loin

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #rentrée littéraire, #collection les exilés de L'Arcange, #Michel Zordan, #un exil plus loin

 

Collection Les exilés de L'Arcange -

Fin 1929, pour échapper à la vindicte d’un fasciste fanatique papa décide de notre exil en France. Le 3 février 1930, la famille Montazini, Émilio, mon papa, Mariéta ma grande sœur et moi Sylvio arrivons en Gascogne, dans le Gers. C’est au château Tourne Pique, dans la bourgade de Floréal que nous posons nos valises. À peine quatre mois plus tard, le capitaine Aristide Clément Autun, propriétaire du château, propose à papa d’acheter la ferme de L’Arcange. Délaissée depuis plusieurs années, ses terres sont réduites à l’état de friches, mais cela nous est complètement égal. Nous sommes les plus heureux au monde, nous avons  enfin une maison bien à nous et l’important est là…

C’est en septembre 1932, que nous apprendrons, par le père Guillaume, un religieux de l’abbaye de Flaran, l’origine du nom de L’Arcange.

Septembre 1939, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne nazie. En quelques mois, une ombre terrifiante recouvre le Monde.  

Port de Douvres, lundi 3 novembre 1947

Le jour pointe son nez, et je suis l’un des premiers à monter à bord du SS Andes. À peine sur le pont, une tripotée d’enfants, garçons et filles, encadrés par deux adultes se pressent sur la passerelle. Ils marchent bien rangés, chacun portant un baluchon, un peu à la façon de petits soldats. La plupart n’ont pas plus de 7 à 8 ans – à peu près mon âge, lors de mon arrivée en France.

Un exil plus loin 

ISBN 979-10-92612-00-4   - 381 pages 

Un exil plus loin -  volet 6,  collection Les exilés de L'Arcange 

Extrait :  Henri ne connait que quelques mots d’anglais, et je le présente comme un ami venu passer des vacances. En ce qui concerne notre attirail défensif fourni par les hommes de Michael Deyland à Sidney, il nous sera très difficile de le porter en permanence sur nous. Compte tenu de la chaleur, la chemisette de rigueur n’est pas le meilleur moyen pour dissimuler un automatique. Même si ceux dont nous avons hérités, des modèles Walther PPK extra-plats calibre 7.65 avec carcasse en duralumin, sont plutôt légers et discrets, nous les laissons dans la Ford.

Lorsque nous arrivons à Stockwell, un rassemblement inhabituel s’est formé devant le chai. Entouré par la famille Hartmann d’un côté et les cinq Irlandais de l’autre, Adrian Hartmann et Erc Calbagh se font face. Seule la petite Helena manque à l’appel.

 

— Alors le chleuh tu attends quoi pour me régler mon compte, allez du courage, fais voir à ta famille comme tu es courageux ! Vas-y, le bon Dieu que tu pries tous les jours est là pour te protéger, tu ne risques rien !

 

Sans attendre, Henri et moi, nous nous précipitons et prenons position rapidement. Lui devant la bande, moi devant Calbagh.

 

— Adrian, quoi qu’ait fait cet homme, ça ne vaut pas le coup que vous vous battiez. Mon ami et moi allons prendre le relais.

Vas-y l’Irlandais, je suis à ta disposition. Cette fois tu n’es pas ivre, tu devrais pouvoir t’en tirer ! C’est bien sûr plus facile d’envoyer des copains...

 

Calbagh hésite, il sait que je ne suis pas un novice en bagarre, et l’intrusion du Parisien semble l’intriguer, pourquoi cet homme est-il là, qui est-il ?

 

— Et oui, moi aussi j’ai des amis, et je peux t’affirmer que celui-ci est très efficace.

 

Erc Calbagh grommelle une injure, fait demi-tour, puis repart vers le chai. Sa bande le suit comme un seul homme.

 

— Ce mécréant s’en est pris à Wippy, il lui a roulé dessus avec la jeep. L’animal était dans la cour, il jouait avec Julius, Calbagh lui a foncé dessus délibérément. Heureusement le chien s’est écarté de justesse. Ce bonhomme est abject.

 

— Dans quel état est-il ?

 

— Il saigne d’une patte avant, elle est brisée, mais une roue lui est passée sur le corps, il doit avoir d’autres blessures. Helena est avec lui, la pauvre petite est désespérée.

 

Ma petite fée est prostrée, les yeux dans le vague, seule sa main droite caresse le petit kangourou qui respire avec grande difficulté. Sans attendre, je prends l’animal dans mes bras et l’emporte vers ma voiture.

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