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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

08 Mar

Bécasses sauce bimbo

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest, #Michel Zordan, #le net au pré, #bécasses sauce bimbo

Ebooks à 2,99 € >>>>  Miladiou, de miladiou,  je suis pas fou ! Regarde, ils sont là les pieds du cochon, ils sont énormes, tu les vois comme moi !  Je l’ai vu tout à l’heure, un peu avant six heures, je suis sûr. Il est arrivé bien tranquille, puis il a commencé à se gaver le long de la clôture du poulailler. Putain, avec tout le maïs qu’il donne à ses poules le parisien, il ferait mieux de les acheter au supermarché ses volailles. La bête est énorme, elle fait pas loin des 300 livres, elle est noire comme un diable. Avec ses défenses, on aurait dit un éléphant qui avait perdu sa trompe. Tes chiens, putain ils  trouvent rien, et y’a des gros pieds frais de ce matin, et y trouvent rien. C’est des rognes, tes chiens, ta Gastinne et ta Renette, c’est des rognes. Putain, je n’invente pas macarel, je l’ai vu ce matin, un peu avant six heures. Et ce putain de Basillian, il y passe tout son temps dans les bois du parisien. Il coupe, il taille, il n’arrête pas. Il paraîtrait même qu’il vit dans la cabane à côté du poulailler. Alors forcément, y aura moins de sanglier. Mais ce putain de gros sanglier qui se gavait, je l’ai vu ce matin.

C’est Virgnole qui s’échauffe un peu le casque et qui rouscaille. L’homme est un « petit soldat » de Gaspard Piquemalle,  le propriétaire du bail de chasse sur les terres du Manoir de Saint-Jean. L’autre,  c’est Robert Barthélémy, le piqueur de la meute qui chassent pour Gaspard. Moi, je suis à l’intérieur du mobile-home, avec François Basillian. Ce mobile-home est situé à quelque cinquante pas du potager et du poulailler. Les deux hommes s’énervent, se chamaillent. Ils parlent assez fort et ne perdons rien de la conversation. En plus, il y a les caméras.

– Tu déconnes Virgnole, hier au soir t'étais imbibé comme une serpillère, et ce matin, t’avais pas encore ouvert les rideaux. Je vois bien qu’il y a des pieds, triple buse, mais Duchesse et Bastide, tu  les insultes pas.  C’est des super chiens de pieds, il n’y a pas mieux dans la région. Et s’ils ne prennent pas le pied, c’est que ces pieds, ils sont pas  frais. Il fait trop chaud, la terre ne marque pas, et pour les chiens c’est pas facile, mais c’est sûr, ces pieds, ils  sont pas frais. Duchesse et Bastide, ils donnent même pas un coup de gueule. Virgnole, t’as pas pu voir ce sanglier ce matin, c’est juste dans tes rêves de pochtron, ou alors tu te mélanges les jours,  ou  c’était un gros chien…

– Barthélémy, t’es abruti ou quoi, d’abord hier au soir, je n’étais pas imbibé,  et je ne mélange pas les jours. T’as déjà vu des chiens avec des pieds de sangliers de plus de 300 livres. Non, tes chiens de pieds, Gastinne et Renette,  c’est des rognes. Ou alors, quelqu’un qui t’aime bien, leur a peut-être donné à bouffer des cochonneries. Des drogues qui leurs ont fait perdre le sentir. Je sais que ça existe, c’est difficile de s’en procurer, mais ça existe, il suffit de connaître quelqu’un qui sait faire les mélanges. Tu en parles tellement de tes super chiens de pieds, que tout le monde sait que ce sont les meilleurs du monde. Alors, y en a peut-être qui sont venus leur faire un petit cadeau, et tes chiens, ils sont devenus des chèvres. Les chèvres, ça ne chasse pas, ça bouffe tout, mais ça chasse pas. Je  vois rien d’autre.

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