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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

14 Nov

Les grands tourments

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest, #les exilés de l'arcange, #Michel Zordan

Prévues pour le 16 février, les élections nationales en Espagne seraient cette fois très serrées et les nationalistes auraient bien du mal à gagner.  Mon père comprit rapidement que des évènements importants se préparaient dans ce pays.

Fin 1929, pour échapper à la vindicte d’un fasciste fanatique papa décide de notre exil en France. Le 3 février 1930, la famille Montazini, Émilio, mon papa, Mariéta ma grande sœur et moi Sylvio arrivons en Gascogne, dans le Gers. C’est au château Tourne Pique, dans la bourgade de Floréal que nous posons nos valises. À peine quatre mois plus tard, le capitaine Aristide Clément Autun, propriétaire du château, propose à papa d’acheter la ferme de L’Arcange. Délaissée depuis plusieurs années, ses terres sont réduites à l’état de friches, mais cela nous est complètement égal. Nous sommes les plus heureux au monde, nous avons  enfin une maison bien à nous et l’important est là…

Âgée de 15 ans, Mariéta poursuit maintenant ses études au Lycée Henri IV à Paris. Depuis septembre 1932, elle tient compagnie à une pétillante vieille dame, Edmonde de Barsac. Cette Dame affectueusement surnommée par papa, la Dame en Blanc a fait irruption dans notre vie dans des circonstances assez extraordinaires. C’était vers la fin de l’été 1931, en remontant vers un passé riche en évènements ayant une fois de plus poussé la France dans le tumulte.

C’est en septembre 1932, que nous apprendrons, par le père Guillaume, un religieux de l’abbaye de Flaran, l’origine du nom de L’Arcange.

Extrait : La plupart des ouvriers saisonniers travaillant au château Tourne Pique étaient espagnols. La vie dans la péninsule ibérique était très dure. Et les trois à quatre mois de salaires provenant de leur travail en France permettaient à la  famille restée au pays de survivre. Papa entretenait de bonnes relations avec ces hommes et leurs femmes, qui souvent les rejoignaient pour les vendanges. Dès le début de cette année 1936, mon père comprit que des évènements importants se préparaient dans leur pays. Prévues pour le 16 février, les élections nationales en Espagne seraient cette fois très serrées et les nationalistes auraient bien du mal à gagner. Mais si la gauche triomphait, comment réagiraient les partis de droite, les monarchistes de Calvo Sotelo, ou encore les phalangistes de José Antonio Primo de Rivera ? Une demi-douzaine d’ouvriers espagnols travaillaient au château Tourne Pique pratiquement dix mois sur douze, et  la plupart se tenaient très informés de la situation dans leur pays. Le 9 février 1936, ces six ouvriers demandèrent à parler à papa. Manuel Garcia Rivera s’exprimait assez bien en français et c’est lui qui prit la tête du groupe.

Pour quelques-uns, cette dramatique guerre civile n’était malheureusement que les prémices de tourments plus violents encore. Quelques années plus tard, le Monde  bascula dans l’horreur de la sauvagerie nazie et des ses alliés fascistes et nippons.

                                                                                         

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