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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

03 Oct

la villa du truand

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest, #rentrée littéraire, #Michel Zordan

la villa du truand
la villa du truand

Extrait - Ce n’est quand même pas si difficile de retrouver son honneur, sa fierté !

À l’instant d’entrer dans la villa, tenant fièrement un lapereau dans sa gueule, c’est « le chat » qui apparaît. Il a dû le chasser quelque part dans les environs, très certainement dans une rabouillère. Je me baisse pour le caresser et l’encourager. Bravo le chat, toi au moins, tu ne dépendras plus de personne, tu as retrouvé ton honneur, ta dignité, tu es un chat libre. Tu as trouvé le moyen de ne plus vendre ton âme, pour quelques piécettes, lancées par des soi-disant seigneurs qui croulent sous leurs privilèges. Enfin une belle image, il était temps. Le chat rôdait autour de la villa lorsque je suis arrivé ici, fin décembre de l’année passée. Il était maigre comme un clou. C’est Paulette qui lui a redonné goût à la vie, en lui donnant quelques subsides. Petit à petit le chat, c’est son nom, a commencé à faire de la graisse, il est presque devenu impotent. C’est à ce moment que j’ai pris la décision de l’éduquer, de lui apprendre à se suffire à lui-même, de se débrouiller seul, de redevenir le fier et utile félin qu’il était. Jadis, le chat avait son utilité dans les maisons. Ils devaient chasser les souris, ils n’étaient pas là pour fainéanter dans une niche et prendre du lard. Tendre la main, rester le bec ouvert à attendre c’est facile, mais on y perd sa fierté, son honneur, on devient dépendant des autres, de ceux qui vous dictent leurs idées. J’ai demandé à Paulette de baisser très sensiblement les rations. Dans le même temps, à l’aide de ma carabine de jardin, je lui ai tué quelques passereaux, merles, grives, pinsons, rouges-gorges et autres mésanges. En réalité, la plupart n’étaient pas morts lorsque je les lui donnais, mais seulement blessés. L’oiseau désailé se carapatait, mais au début, trop habitué à dépendre des autres, le chat ne s’y intéressait pas. C’est là que j’ai demandé à Paulette de lui couper toute aide alimentaire. Le chat a maigri, mais il a vite compris que s’il ne voulait pas mourir, il devait faire un petit effort. Petit à petit le chat est devenu autonome, et chasse tous les jours sa pitance. Il est comme Paulette hébergé dans la maison, mais s’il veut manger, il doit travailler, faire sa part. Presque chaque jour, il vient fièrement vers moi pour me présenter ses prises, pour bien me montrer que mes leçons ont porté, avant de les boulotter tranquille dans un coin du jardin. Ce n’est quand même pas si difficile que ça de retrouver son honneur, sa fierté ! Tu en penses quoi le chat !

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