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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

26 Jul

Les raisons de l'exil

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Un auteur du Sud Ouest, #les exilés de l'arcange, #Michel zordan

volet 1-Les exilés de L'Arcange
volet 1-Les exilés de L'Arcange

Extrait : – Ne t’inquiète pas Mariéta, les loups peuvent s’attaquer aux animaux, même aux chevaux, mais pas aux humains.

Il était presque quatre heures. Nous récupérâmes nos bagages et nous nous enfoncâmes dans la nuit claire, mais glacée. Papa avait relié les deux grosses valises avec une corde et les portaient, l’une devant, l’autre derrière. Heureusement, nous avions cette fois chaussé nos bottes en caoutchouc. La neige ne tombait pas, mais sur le sol gelé, l’épaisseur était assez conséquente et chaque pas était incertain. Moi, j’avais en charge les deux musettes, et Mariéta, le sac à provision. Pour les loups, nous avions confiance en papa, mais nous le suivions quand même de très près. Á plusieurs reprises il me sembla apercevoir derrière les arbres des yeux brillants trahissant la présence du grand prédateur. Dans une petite descente, ma sœur qui ne souhaitait pas se faire distancer glissa et chuta. Elle appela notre père qui la releva aussitôt et prit le sac à provision. Plusieurs fois je tombais moi aussi, mais je me relevais toujours prestement. Enfin nous repérions la cabane de berger, la cheminée dépassant sur le toit nous fit chaud au cœur. Papa poussa la porte et éclaira l’intérieur avec le briquet. Seule une vieille table et un tabouret la meublait, tout au fond une simple pierre plate servait d’âtre.

– Entrez les enfants, moi je vais essayer de trouver quelques morceaux de bois.

Mariéta et moi, refermions rapidement la porte derrière nous, repoussant le verrou de bois. Nous étions dans le noir complet, mais rassurés. Après trois à quatre minutes qui nous parurent une éternité, un bruit suspect se fit entendre tout à côté.

– Sylvio tu entends ? Tu crois que c’est un loup ?

– Non, bien sur que non ! Ce sont sûrement des souris, l’hiver elles se mettent à l’abri !

Ma sœur se colla contre moi, qui n’étais pas non plus très rassuré. Ensuite le bruit s’amplifia, et nous distinguâmes parfaitement le déplacement d’un animal dans la cabane. Nous avions surmonté l’épreuve des fascistes, des antifascistes et des loups et voilà que maintenant nous tremblions pour une bestiole qui avait sûrement aussi peur que nous. Et puis le bruit se transforma en battement d’ailes, un oiseau, peut-être même un aigle semblait vouloir nous chasser de son repère. Nous ne respirions même plus, et lorsque le toc toc toc résonna sur la porte, notre terreur était à son paroxysme.

– Ouvrez c’est moi !

N’écoutant que mon courage, ou ma peur, je ne relevai et fonçai pour tirer le verrou.

– Attention papa, il y a un gros oiseau qui nous attaque !

L’oiseau de proie n’était qu’un chat-huant qui profita de l’ouverture pour s’enfuir. Notre père se moqua gentiment de nous, il ramenait une bonne brassée de bois, encore partiellement couverte de neige.

– Sylvio tiens le briquet, et éclaire moi. Si un autre rapace nous assaille, tu pourras nous défendre.

Il entreprit ensuite de préparer le feu. Très rapidement, grâce au journal acheté à Rome, les flammes éclairèrent l’intérieur, ma sœur en profita pour vérifier que nous étions bien seuls. Nous n’avions pas vraiment envie de dormir, mais aucun de nous ne commenta les épreuves que nous venions de subir. Nous préférions discuter de tout et de rien. Et puis comme un signal dans la nuit, un hurlement se fit entendre. Mariéta se serra un peu plus contre papa et moi contre elle.

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