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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

23 Jan

Gaillard, seigneur de Saint-Cirq

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Michel Zordan, #médias, #contes et légendes, #Un auteur du Sud Ouest, #Littérature

Gaillard, seigneur de Saint-Cirq

Extrait - Nous sommes reçus par Herbert de Lothaire, prévôt du seigneur de la Roque-Gageac. Ce dernier est absent, rendant une visite à un cousin du côté de Périgueux. Le tocsin résonne et la défense s’organise. Altiq ressert l’histoire de l’enfant qui a décidé de consacrer sa vie à Dieu et l’homme gobe sans sourciller. Altiq donne même une précision supplémentaire, nous nous rendons au village de Monbazillac. Mon compagnon a quelque peu modifié sa version. Notre destination n’est donc plus Cahors, mais ça je le savais déjà. Bien à l’abri dans la salle d’armes du château, nous ne prenons par part aux combats. Dans le courant de la matinée nous apprenons qu’une dizaine de brigands ont été occis. Vers le milieu de l’après-midi, la messe est dite, les survivants sont repoussés hors des murs et même poursuivis. Les assaillants faits prisonniers sont avant même la nuit tombée, exhibés à la fourche patibulaire érigée à l’entrée du village, devant la Maladrerie. Manquant de place, trois autres gibets sont prestement improvisés. Nous restons à l’abri du château toute la nuit. Nous ne le quittons qu’au petit matin. Pour service rendu, Herbert de Lothaire, le prévôt, nous offre dix pièces d’or à chacun. La rive gauche nous paraissant plus hospitalières Altiq n’a plus qu’une idée, retraverser la Dordogne. Pour un denier, nous embarquons, avec nos montures sur une gabare. À peine sur la terre ferme, nous partons sans perdre un instant, comme si mon compagnon d’équipée se sentait proche du but. Mais sans forcer nos montures, nous arrêtant juste le midi pour caller nos estomacs. Au soleil couchant, nous arrivons en vue du bourg de Beaumont-du-Perigord. Nous le contournons pour trouver refuge dans une cabane de charbonnier en lisière de forêt. D’habitude à cette époque de l’année toutes sont occupées. Mais pas celle-ci qui semble avoir été abandonné depuis peu. Il fait assez froid, heureusement un feu et un tas de paille nous tiendrons chaud. Au milieu de la nuit le hennissement de nos chevaux me réveille. Altiq n’est déjà plus à mes cotés. Lorsque je passe le nez à la petite porte, les destriers se cabrent, hennissant de plus belle. Puis je l’aperçois tentant de calmer les bêtes. Sans trop comprendre ce qui se passe, je le rejoins.

– Ce sont des loups Gaillard, j’en ai aperçu au moins trois. Va te recoucher, moi je veille.

Nous sommes en hiver, mais le froid n’est pas trop mordant. Alors pourquoi des loups veulent-ils s’attaquer à nos montures ? Peut-être qu’attacher à une branche ils représentent une proie facile ! Je comprends maintenant pourquoi la cabane a été abandonnée. Attirer par les mules des charbonniers, cette meute devait sévir dans le coin depuis quelques jours déjà.

– Mais moi aussi je peux veiller ! J’ai une dague, je peux occire l’une de ces sales bêtes sans problème.

Avant de me répondre Altiq s’empare de l’épée fixée à la selle.

– Gaillard, tu es encore un peu tendre pour ces envoyés du Diable. Retourne dans la cabane.

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