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Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

08 May

La louve de Notre-Dame

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #contes et légendes, #médias, #Michel Zordan, #Un auteur du Sud Ouest, #Loisirs&Culture, #Littérature, #roman, #rentrée littéraire

la louve de Notre-Dame
la louve de Notre-Dame

Extrait : – Alors tu l’as vu la louve ? Si tu reviens me voir, c’est que la belle t’intrigue ! Les gens racontent tout et n’importe quoi à son sujet, mais moi seule je sais. Viens me voir à la maison demain, mais point de trop bonne heure. Le matin je cueille des herbes, et je ne sais jamais trop quand je retourne. Je vais t’indiquer la route à suivre. Pour te faire patienter je te laisserai un peu de lecture et même de la boisson fraîche. Une recette à moi, une sorte d’élixir qui éclaire et libère l’esprit.

J’avais du mal à trouver le sommeil. Je me levai aux aurores, et partis sans attendre pour la ferme Manguia. Bizarre ce nom pour une ferme ? Mais bon, sûrement l’un des habitants aux origines.

Grâce aux informations de Jeanne Hermensende, je trouvai assez rapidement. La bâtisse de taille moyenne se situait à l’orée d’un bois, assez isolée, à l’ouest de Vianne, passé Montgaillard. Une bien belle demeure, de plain-pied, avec une partie de murs à colombages. Assez répandus dans les villages et les villes d’origine médiévale, ce n’était pas très courant de retrouver des murs de ce type à la campagne. Ici, ils étaient magnifiquement conservés et peints à la chaux. Devant, un peu sur le côté s’élevait un énorme et majestueux chêne, sûrement plusieurs fois centenaire. À la base du tronc, un siège de bois sans dossier sur lequel reposait un coussin regardait loin devant. Une petite table basse l’accompagnait, sûrement pour les boissons fraîches ou la collation de quatre heures. Je frappai ; aucune réponse, mais j’étais prévenu. Je m’installai sur la terrasse et commençai à éplucher la littérature laissée par Jeanne. Plusieurs revues sur les plantes s’entassaient là. Mais c’est un vieil ouvrage assez épais, à l’aspect d’un grimoire, qui attira rapidement mon attention. Sur les feuillets de papier un peu grossier, l’écriture manuscrite en pleins et déliés courait, fine et gracieuse. Je feuilletai les premières pages, lisant quelques passages au hasard. Puis je me servis un verre du breuvage concocté à mon intention par Jeanne. Comprenant que l’attente serait longue, je me levai, emportant mon livre et mon verre vers le siège de bois sous le chêne. Je laissai mon dos aller contre le gros tronc, buvant une gorgée… puis deux.

Très rapidement une agréable sensation me fit frissonner. Tonique, la boisson de Jeanne, peut-être une recette à exploiter.

Sans plus attendre j’entrepris la lecture… Les phrases se présentaient comme une mise en scène, rappelant des faits historiques de l’époque médiévale…


L’Ordre du Temple… De l’an 1096, à l’an 1268, huit croisades eurent lieu en Terre Sainte. Très nombreux furent les chevaliers gascons à y participer. L’Ordre du Temple était un ordre religieux et militaire créé à Jérusalem en janvier 1129, peu après la fin de la première croisade. Le but de ces moines-chevaliers était de servir d’escorte aux pèlerins chrétiens qui osaient s’aventurer dans la région. Parmi les Templiers, des centaines étaient issues de la chevalerie chrétienne du Royaume de France. Cette pratique de protéger les pèlerins en Terre Sainte existait déjà depuis quelques décennies, mais aucune organisation fiable n’était recensée avant cette date.

Tous les chevaliers ayant participé aux croisades, tous les Templiers ont-ils agi dans un but désintéressé, pour défendre la Chrétienté ? Certains n’auraient-ils pas profité de l’aubaine ? Le trésor des Templiers, ça vous dit quelque chose…

Gaston IV de Béarn, dit le Croisé, fut vicomte de Béarn de 1090 jusqu’à sa mort en 1131. Son surnom de Croisé est dû à son rôle durant la première croisade. C’est lui qui, sous le pontificat du pape Urbain II, à la demande de Raymond de Saint-Gilles, mena les chevaliers du sud du Royaume de France à la première croisade en 1096. Le but : prendre la ville sainte de Jérusalem, pour venir en aide aux Chrétiens et empêcher la propagation de l’islam. Pour certains, même s’ils sont de fervents croyants, la motivation des chevaliers n’est pas complètement désintéressée : l’Orient résonne comme richesses faciles. Là-bas, c’est certain, l’or se ramasse à la pelle. Il suffit de se baisser pour cueillir les pierres précieuses.

Parmi ses compagnons d’armes, Gaston IV de Béarn entraîne son frère Centulle de Bigorre. Puis Raymond, vicomte de Castillon, son frère Pierre, également vicomte et Amanieu II, sire d’Albret. Auraient également fait partie de la balade deux cousins du sire d’Albret, tous deux ses vassaux : Anthelme le seigneur de Xaintrailles, et Perceval celui de Montgaillard, terres sises en Albret.

14 mai 1097 les Croisés sont devant Nicée, capitale du sultanat seldjoukide de Roum. Laissant les Lorrains menés par Godefroy de Bouillon s’installer au nord, les Normands de Bohémond de Tarente à l’est, Raymond de Saint-Gilles et Gaston IV de Béarn s’installent au sud. Le siège peut commencer. Le 16 mai les assiégés tentent une sortie, ils laissent plus de deux cents hommes sur le champ de bataille. Le 19 juin, la ville est prise. Mais Nicée n’est qu’une étape ; le but des Croisés est de prendre Jérusalem et le 26 juin, Nicée est rétrocédée aux Byzantins de Manuel Boutoumitès. Nicée est une ville riche, très riche ; que s’est-il passé durant ces sept jours ?

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