Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.

30 Jan

Les belles années

Publié par Michel Zordan  - Catégories :  #Édition ; culture ; littérature ; livre ; lecture ; écrivain ; critiques ; roman ; salon du livre ; Michel Zordan ; romans de terroir ; libraires ; librairie ; écriture ; prix littéraires

Les belles années

Déséquilibrée, la directrice faillit tomber. Mais elle se ressaisit, empoignant madame Éliette par les épaules, les faisant toutes deux chuter. La vision de ces deux femmes, luttant comme des chiffonnières au sol, nous apparut extravagante, invraisemblable. Rapidement, grand-père et le Général intervinrent, séparant les deux protagonistes. Cette fois, les choses étaient allées trop loin. J’avais encore du mal à réaliser. Madame Éliette, s’exprimant toujours posément avec des mots choisis, avait craqué devant les terribles allégations de Margueritte Duval-Lanterre. Nous nous retrouvâmes quelques minutes plus tard au château.

– Pardonnez-moi, je me suis donnée en spectacle, je suis vraiment confuse. J’ai perdu pied, je n’ai pas pu me contrôler, j’ai été odieuse.

– Pas du tout Madame Eliette, bien au contraire, vous avez réagi comme il se devait. Margueritte Duval-Lanterre est une garce, doublée d’une malade. J’ai bien peur qu’elle n’en reste pas là, ça peut mal finir.

À peine grand-père finissait-il sa phrase que dans la cour, la voiture des gendarmes stoppait. Le chef Lucien Vernois semblait mal à l’aise. Interroger l’épouse d’un général, même à la retraite, ne pouvait être qu’une épreuve casse- pipe dont il se serait volontiers passé. Margueritte Duval-Lanterre avait déposé une plainte et Madame Éliette expliqua dans le détail le déroulement de l’affaire.

Sur le chemin de notre retour à L’Arcange, grand-père commença à me parler du plan qu’il échafaudait en vue de réexpédier Garance Orlan, la journaliste du Dépendant vers Paris.

Garance Orlan a besoin d’une bonne leçon. Elle a besoin de comprendre qu’elle ne peut pas écrire des immondices sur nous, sans risquer un très fort retour de bâton. Les quelques jours de prison de la fois dernière ne lui ont pas suffi. Les gascons ne doivent pas parler la même langue que les parisiens, alors cette fois nous allons traduire. Avec Sylvio, ton père, nous avons déjà fait expérimenter cette même méthode à son charognard de père. Crois-moi sur parole, il est reparti bien vite dans sa capitale et il est resté loin de Floréal pour quelques temps. Cette fois, nous ajouterons un petit supplément que nous avons déjà expérimenté avec l’une de ses collaboratrices. Nous mettrons ça sur le compte de l’inflation. Seulement voilà, il va falloir l’attirer dans le piège et si c’est moi qui la contacte, elle va se méfier.

Commenter cet article

Archives

À propos

Michel ZORDAN présente des extraits de ses romans. Il se laisse également aller à quelques réflexions sur l’actualité.